Listes d’opposition : unissez-vous au 2e tour !
Le premier tour des élections municipales aura lieu le 15 mars 2026. Quelque 6 listes se présentent : deux listes issues de la majorité sortante, celle du maire Laurent Vastel et celle d’un de ses anciens adjoints, Philippe Ribatto ; quatre autres d’opposition, la première menée par Pauline Le Fur, la seconde par Gilles Mergy, une troisième menée par Michel Faye. Et une quatrième, montée par LFI.
On interprétera comme l’on voudra le bilan de l’équipe de Laurent Vastel. Mais force est de constater qu’au cours des années, ce dernier a connu une dérive autocratique, estimant avoir raison contre tout le monde et décidant tout seul pour 25.000 habitants sans aucune transparence. Exemple caractéristique : le vélo. Pour le maire, la banlieue « n’est pas l’endroit le plus favorable pour le vélo »… Résultat : au vu de cette vision subjective erronée et remontant aux années… 1970, exit les pistes cyclables à Fontenay ! Même si celles-ci se développent partout ailleurs… Tout le monde peut se tromper !
Cette pratique du pouvoir solitaire et opaque est particulièrement visible dans l’urbanisme. Depuis l’élection de l’actuelle équipe municipale, l’on a ainsi vu fleurir sur la commune de multiples projets immobiliers, avec parfois des immeubles serrés les uns sur les autres (comme à la Cavée !), sans homogénéité architecturale, qui mordent sans vergogne sur les trottoirs. Trottoirs qui, à la Cavée avenue du général Leclerc, sont actuellement réduits à la portion congrue : 50 cm de large ! De tels projets sont conçus sans aucune concertation avec les citoyens, sans aucun égard pour l’environnement et le patrimoine. C’est ainsi qu’un immeuble de 20 m de haut doit être construit le long de la ruelle de la Demi-Lune à quelques encâblures du château Laboissière, seul vrai beau monument ancien de Fontenay-aux-Roses ! On est donc très, très loin de l’« exigence qualitative très forte pour chaque projet autorisé », revendiquée par le programme du maire sortant… Il y a les mots. Et la réalité…
Dans ce contexte, pour se faire entendre, les riverains doivent donc souvent saisir les tribunaux à leurs propres frais. Retardés dans leurs projets, les promoteurs vont jusqu’à menacer les plaignants par voie de commissaires de justice (nouveau nom pour les huissiers) de leur réclamer des centaines de milliers d’euros pour « procédures abusives » !
Dans cette course au béton, l’équipe municipale a été jusqu’à établir avec l’Etablissement public foncier de l’Ile de France (EPFIF) une convention donnant au maire la possibilité de mener des expropriations pour acquérir des biens et en faire bénéficier des opérateurs. Elle y a finalement renoncé en raison d’une manifestation et de très nombreuses protestations.
Il y des choix étonnants, comme celui de ce « miroir d’eau » devant la mairie. Pour tenter de rappeler celui de Bordeaux ? Une mini-pièce d’eau toujours sale, qui doit être régulièrement nettoyée par une entreprise spécialisée. Alors que pour lutter contre le moustique tigre, les autorités sanitaires recommandent de supprimer ou vider tous les endroits et objets pouvant retenir des eaux stagnantes…
Il y a aussi ces déclarations d’anthologie du maire, médecin de profession, qui explique doctement à des habitants des Blagis se plaignant de la présence de nombreux rats dans leur quartier : « Il y a des rats partout ; la dératisation ne sert à rien, et cela ne pose pas de problème de maladie. C’est plutôt l’homme qui lui en transmet »…
Depuis 12 ans, l’équipe municipale gère sans concertation, sûre d’elle-même. Elle a réussi à augmenter la dette de 40 %, les impôts fonciers de 72 % et l’on constate une dérive des dépenses de fonctionnement. Il en va de même pour de nombreux projets d’investissement : le réaménagement du parc Sainte-Barbe a ainsi coûté près de trois fois plus que prévu !
On ne parlera pas des fermetures de services publics, comme la crèche Fleurie avenue d’Estienne d’Orves. Ou du cinéma-théâtre, dont les travaux de réfection n’ont toujours pas commencé. Pour mieux le supprimer ?
Cela n’empêche pas la majorité sortante de vanter son bilan sur papier glacé ! Notre ville aurait ainsi obtenu « 18/20 » pour la gestion financière en 2024, sans plus de détails. En fait, la note en question est… une commande auprès d’une société privée non agréée pour l’attribution d’une note. Sans que l’on en connaisse les critères d’évaluation !
D’où cette nécessité absolue qu’au-delà de polémiques stériles et politiciennes, les listes d’opposition s’engagent à s’unir pour le 2e tour pour battre la municipalité sortante. La division actuelle suscite l’incompréhension de nombreux citoyens qui constatent amèrement que cela risque de favoriser un nouveau mandat de Laurent Vastel. Lequel en 2020, en plein COVID, l’avait emporté à quelque 300 voix près (avec 60% d’abstention), en raison justement de cette dispersion des voix.
L’incompréhension est d’autant plus grande que les listes de l’opposition sont d’accord « à 80 % », comme l’explique l’un de leurs membres. En dépit de son autosatisfaction affichée un peu partout, l’équipe municipale sortante est loin d’être indéboulonnable. N’oublions pas que lors des législatives de 2022, Laurent Vastel était arrivé seulement 3e sur la commune avec 15,18 % des voix (pour un piteux résultat de 5,93 % sur l’ensemble de la circonscription !). En 2024, son candidat, Jean-Didier Berger, n’était pas majoritaire sur Fontenay. Autant de sondages grandeur nature…
Ces élections sont donc l’occasion de pratiquer l’alternance. Il s’agit de changer de politique, notamment en matière d’urbanisme. Et de pratique politique, avec une vraie transparence, une vraie concertation en matière d’urbanisme et l’instauration d’une vraie démocratie participative. Il s’agit aussi de mettre fin à la dérive des finances locales en mettant un terme à la hausse vertigineuse de la taxe foncière. C’est ce que promettent les trois principales listes d’opposition. A elles maintenant de prendre dès maintenant l’engagement de s’unir pour le 2e tour, évitant ainsi une dispersion des voix favorable à la majorité sortante. Ne l’oublions pas : c’est uniquement cette dispersion qui a favorisé la réélection de Laurent Vastel en 2020.
Laurent Ribadeau Dumas
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