6 mars 2026 | 22:57
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Réflexions sur l’article « Projet  Géothermie à Fontenay-aux-Roses, de quoi parle-t-on ? »

J’ai lu avec attention l’article « Projet  Géothermie à Fontenay-aux-Roses, de quoi parle-t-on ? » .

Il est écrit :  « Il faut dire la vérité aux Fontenaisiens, une élection n’autorise pas tout ».

Je partage complètement cet avis.

C’est pourquoi je suis étonné  des omissions voire des erreurs qu’il comporte et qui sans corrections induiraient assurément le lecteur en erreur, ce qui pour un dossier aussi structurant pour la ville poserait problème.

Je prendrai un seul exemple pour illustrer mon propos le taux d’Energie Renouvelable et Récupérable (EnR&R) à savoir la chaleur de l’eau géo thermale plus l’apport de chaleur des pompes à chaleur après avoir retiré l’électricité consommée par les pompes à chaleur elles-mêmes. 

Je ne parlerai donc pas ici, entre autre, du classement ICPE non mentionné dans l’article, des 30 à 35% de gaz dans le mix non mentionnés, de la géothermie de faible profondeur qui selon l’article « resterait limitée » à des bâtiments neufs, de la durée de l’amortissement de 30 ans (selon le P.D.G. de l’Ademe) et non pas 15 comme mentionné, etc. Un ensemble de points importants à clarifier et non pas à évacuer ou taire dans une réflexion complète sur ce projet. 

On peut lire dans l’article : 

« Le projet de gîte géothermique relève du fonds chaleur porté par l’Ademe et bénéficie aussi d’une subvention de la Région et de la baisse de la TVA. Il est soumis à une étude économique préalable et doit justifier de sa pertinence en évaluant sa capacité à atteindre les 50 % minimum d’énergie renouvelable ».

Cela n’est pas exact.

Si effectivement un projet de géothermie peut bénéficier de subventions de la Région, de réduction de T.V.A. et du fonds chaleur porté par l’Ademe, cette dernière subvention, la plus importante en terme de montant, est assujettie à l’atteinte du taux de 65 % d’EnR&R.

C’est bien 65 % d’EnR&R qu’il faut atteindre pour obtenir la subvention de l’Ademe et non pas 50 % comme c’est écrit dans l’article.

Les 15 points d’écart entre l’affirmation de l’article et la règle changent totalement la portabilité financière du projet car ils sont de nature à permettre ou non l’obtention de la subvention du fonds chaleur, ici de l’ordre de 25 M€ sur les 75 M€ estimés du total actuel, total qui a déjà dérivé de 13 M€ en 2 ans avant même le démarrage des travaux. Ce qui est inquiétant.

Le chiffre cité de 50% d’ EnR&R dans le mix ne concerne que le niveau à atteindre pour prétendre à une TVA réduite à 5,5%.

Il ne faut pas laisser croire que ce taux de 50% d’ ENR&R concerne la subvention de l’Ademe.

Sur ce même sujet, il est écrit dans l’article : «  Les réponses sont données par le Sipperec qui s’appuie sur des analyses de l’Ademe… » 

Cela n’est pas exact.

Comme l’indiquait en mi février de cette année Monsieur Sylvain Waserman, P.D.G. de l’Ademe, concernant le taux d’EnR&R du futur réseau de Fontenay :

«… d’après les éléments techniques transmis par le porteur de projet (Sipperec), celui-ci atteindra 76,5% à l’horizon 2029. Ce taux est de 66,5% si I’on soustrait l’électricité consommée par la pompe à chaleur ».

Contrairement à ce qui est écrit dans l’article, le PDG de l’Ademe indique bien que c’est l’Ademe qui s’appuie sur les chiffres fournis par le porteur de projet le Sipperec et non l’inverse.

C’est bien sur la base des chiffres annoncés par le Sipperec qui a fait l’étude et porte le projet- qui est donc bien juge et parti, ce qui est gênant dans un projet de cette importance- que l’Ademe attribuerait ses subventions.

Sans nullement remettre en cause sa compétence ou sa probité, cette confusion de genre interpelle.

De surcroît quand le Sipperec annonce un taux d’EnR&R de 66,5% pour le site de Fontenay 2 ans après le démarrage alors que l’on constate que 7 ans après son démarrage le site de Bagneux ne dépasse pas 59,5%, bien que ce dernier soit mieux situé géographiquement (nappe plus chaude) et que la puissance des pompes à chaleur soit plus élevée que celle Fontenay (13MW versus 8,8), cela nécessite une explication technique approfondie.

Alors, si je partage complètement l’intérêt général du principe de la géothermie, sans clarifications supplémentaires absolument nécessaires, je reste très réservé sur l’application à Fontenay-aux-Roses. Et ne suis manifestement pas le seul.

C’est pourquoi je crois qu’il conviendrait, avant d’aller plus avant dans ce projet, de décréter une pause, lancer d’urgence un audit complet (comparaison des technologies, gains réels, localisation, garantie de résultat, investissement, subventions, coût utilisateur,  etc.) à faire réaliser par un cabinet externe qui ne sera pas juge et parti comme l’est le Sipperec, puis avec ces éléments organiser un débat municipal sérieux en détaillant et comparant les différentes solutions possibles et cela avec tous les Fontenaisiens et pas seulement, comme cela est proposé dans l’article, les sportifs en oubliant au passage ceux qui auront à choisir ce mode de chauffage.

Et pourquoi pas, organiser une consultation citoyenne avant la décision finale ?

Si comme nous en avons l’habitude, cela n’a pas été fait par M. Vastel, on peut espérer que ça le sera par la future équipe municipale.

Bien cordialement.

Daniel Marteau

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