7 mars 2026 | 09:42
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Réponse à Ahmed Mouldaïa concernant le numérique à Fontenay-aux-Roses

M. Mouldaïa,

J’ai lu avec attention vos différentes tribunes et propositions concernant le numérique à Fontenay-aux-Roses.

Bien que candidat sur la liste Fontenay au Cœur avec Laurent Vastel, je me réjouis sincèrement que ces sujets soient débattus. Le numérique municipal mérite mieux que l’indifférence : il mérite un vrai débat de fond.

Permettez-moi néanmoins d’apporter un éclairage différent au vôtre.

Avant toute chose, précisons que je ne suis pas élu — simplement candidat pour la prochaine mandature — mais que je travaille dans le numérique depuis plusieurs années. Product Manager/Owner, j’ai évolué en agence, en startup puis plus récemment dans le secteur de l’assurance où j’ai piloté la conception et la mise en œuvre d’un comparateur de santé dans le cadre d’une transformation digitale. J’ai également travaillé plusieurs années dans l’administration sur des sujets de veille et d’analyse de la menace en cybersécurité.

Autrement dit : les promesses numériques, les contraintes techniques et les réalités opérationnelles me sont assez familières.

Je vous rejoins sur un point : le numérique peut être source de fractures et d’incompréhensions. Entre les digital natives qui s’étonnent de ne pas trouver d’application mobile et les habitants moins à l’aise avec ces outils, les attentes peuvent être très différentes.

Les questions de cybersécurité, la multiplication des démarches en ligne ou la complexité de certains outils peuvent également générer des frustrations bien réelles.

Je partage aussi votre constat sur certaines marges d’amélioration en matière d’expérience utilisateur. Les parcours numériques peuvent parfois être simplifiés et certaines interfaces gagneraient à être repensées.

Mais là où je diverge, c’est sur votre diagnostic global.

Vous évoquez un « minimum syndical » de la part de la municipalité. Pour ma part, je vois plutôt une collectivité qui a progressivement développé un ensemble de services numériques utiles, tout en composant avec des contraintes bien réelles : cadre réglementaire, protection des données, budgets publics et ressources humaines limitées.

Aujourd’hui, un habitant de Fontenay-aux-Roses peut déjà :

  1. gérer le planning de ses enfants en ligne,
  2. transmettre les documents nécessaires au calcul du quotient familial,
  3. prendre rendez-vous avec différents services municipaux,
  4. consulter les actualités de la ville,
  5. accéder à l’annuaire des associations,
  6. consulter les archives municipales,
  7. ou encore prendre rendez-vous avec les professionnels de santé du CMS.

Tout cela peut se faire à tout moment, depuis n’importe quel appareil.

Peut-on faire mieux ? Bien sûr.

Mais affirmer qu’il ne se passe rien revient aussi à ignorer le travail des agents municipaux qui ont dû adapter leurs pratiques, s’approprier de nouveaux outils et faire évoluer leurs processus.

Or la transformation numérique d’une collectivité ne consiste pas simplement à empiler des outils.

Elle suppose de composer avec des réalités très concrètes : interconnexion des systèmes, disponibilité des APIs, sécurité des données, maintenance des applications, conformité réglementaire… autant d’éléments qui rendent les projets numériques publics très différents des projets menés dans une entreprise privée.

Une municipalité n’est pas une startup, ni un “Station F municipal”. Elle ne cherche pas un effet d’annonce ou un “time-to-market”, mais des services publics simples, fiables et accessibles à tous.

Le véritable enjeu n’est donc pas d’accumuler des outils numériques, mais d’organiser de manière cohérente les points de contact entre la ville et ses habitants : site web, application mobile, téléphone et accueil physique.

Ces canaux doivent être pensés comme complémentaires afin que chacun puisse utiliser celui qui lui convient.

Certains habitants privilégieront une application mobile, d’autres un appel téléphonique, d’autres encore le contact direct avec un agent municipal. Aucun canal ne doit devenir exclusif.

Si les Fontenaisiennes et les Fontenaisiens nous accordent leur confiance, je m’engage à organiser des ateliers ouverts associant habitants, agents municipaux et élus afin de construire ensemble les outils numériques réellement utiles à la vie quotidienne.

Nous travaillerons de manière transparente, avec une feuille de route partagée et une approche itérative, en priorisant les fonctionnalités ayant la plus forte valeur d’usage pour les habitants comme pour les services municipaux.

L’objectif sera simple : faciliter les démarches du quotidien tout en améliorant les conditions de travail des agents et la qualité du service public.

Je vous inviterai naturellement, M. Mouldaïa, ainsi que les membres de l’opposition, à participer à ces ateliers.

Le numérique municipal mérite mieux que des tribunes : il mérite un travail collectif, concret et exigeant.

Bien à vous,

Rodolphe Renoncé
Candidat de la liste Fontenay au Cœur

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