18 juillet 2024 | 00:41
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Quand le maire n’a pas d’avis

Sur certains sujets importants de la vie démocratique locale, le maire Laurent Vastel dit parfois n’avoir « pas d’avis ». Cette position surprenante nous semble surtout être une posture de sa part pour ne pas assumer ce qu’il souhaite vraiment.

Premier exemple : l’uniforme obligatoire à l’école. Le maire a expliqué en réunions publiques avoir choisi de proposer l’école du Parc à l’expérimentation de l’uniforme obligatoire pour les élèves. Dans ces mêmes réunions publiques, il a expliqué devant les parents d’élèves que l’uniforme gommerait les inégalités sociales, améliorerait le climat scolaire, réduirait les cas de harcèlement d’élèves. Il a même rappelé les mauvais classements des écoliers français dans les études internationales, sous-entendant que l’uniforme obligatoire aiderait aussi à améliorer cela… Mais patatras ! Le conseil d’école du Parc a rejeté massivement l’inscription de l’uniforme obligatoire dans son règlement intérieur. Le maire explique alors dans le journal Le Parisien qu’il n’a « pas d’avis » sur l’uniforme et que ce n’était pas une idée de la mairie… après avoir dit le contraire et défendu publiquement l’uniforme obligatoire !

Deuxième exemple : la réforme de la sureté nucléaire française prévoyant la fusion de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) et l’IRSN (Institut de Radioprotection et Sureté Nucléaire). L’accueil était largement négatif parmi les spécialistes de la question : séparer l’autorité décisionnaire des experts techniques était considéré comme un gage en matière de sureté nucléaire. Une forte mobilisation contre ce projet de fusion des 2 organismes a eu lieu. Nous avons donc proposé un vœu en conseil municipal pour soutenir l’opposition à cette fusion, en reprenant les principaux arguments des experts. Mais le maire n’a pas voté ce vœu, expliquant n’avoir « pas d’opinion » sur ce sujet. Il ne souhaitait pas écouter les experts qui sont là justement pour nous éclairer et nous faire un avis ? Quelques mois plus tard et face à la mobilisation qui ne faiblissait pas, le maire est allé jusqu’à soutenir les salariés de l’IRSN contre ce projet de fusion, sur laquelle il n’avait pas d’avis… Ici, on pourrait parler d’opportunisme de sa part !

Par contre, sur d’autres sujets, le maire n’hésite pas à faire référence à des spécialistes quand il a un avis très tranché.

Premier exemple : la généralisation de la vidéosurveillance sur la voie publique. Le maire y a consacré un million d’euros. Il a dit en conseil municipal que « tous les experts » disent qu’il faut en mettre et que c’est efficace. Pourtant la Cour des Comptes a estimé en 2020 que la vidéosurveillance de la voie publique est coûteuse et n’a pas d’efficacité démontrée. Mais là curieusement, le maire a bien un avis, autre que celui de la Cour des Comptes…

Deuxième exemple : le commerce de centre-ville ne vivrait que grâce aux automobilistes. Le maire est prêt à dépenser 2,5M€ pour refaire la rue Boucicaut, sans engager la moindre diminution du trafic de transit, ni la moindre forme de piétonisation, même partielle. Il appelle à des experts qui expliqueraient que sans accès automobile au plus près des commerces de centre-ville, ceux-ci disparaitraient… Pourtant, une étude mandatée par la ville en 2017 montre que 70% des fontenaisiens se déplacent à pied en centre-ville. Et bon nombre d’experts démontrent que bien souvent, la part de clients venus en voiture dans les commerces de centre-ville est exagérée par rapport à la réalité. Mais là aussi curieusement, le maire a un avis autre que les experts.

Conclusion : quand le maire dit n’avoir « pas d’avis », il faut entendre qu’il n’assume pas ses positions, ou bien qu’il est prêt à changer d’opinion au gré de vent, sans pour autant avoir recours à la concertation.

Maxime Messier, conseiller municipal

Astrid Brobecker, conseillère municipale et départementale

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