19 décembre 2018 | 05:51
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Le businessman et le Petit Prince

Sur les 131 maires de la Métropole du Grand Paris, incluant Fontenay-aux-Roses, 15 seulement étaient présents à la réunion du 3 octobre concernant les « Attributions de Compensation entre les 131 villes du Grand Paris et la Métropole pour se prononcer sur un transfert de charges des villes vers la Métropole ».

7 votes pour, 4 contre, 4 abstentions. Budget en jeu : 3,7 milliards d’euros, dont près de 4 millions d’euros concernant la Ville de Fontenay.

Pesanteurs de l’état, maire absent, citoyens perdants.

Pendant ce temps, le Monopoly municipal bat son plein : 6,9 millions d’euros pour rénover le gymnase du Parc ; 1,79 millions d’euros pour un gymnase « provisoire » au Panorama, vraie passoire thermique ; plus de 4 millions d’euros pour la Place de Gaulle ; plus de 4 millions pour la place de la Cavée, y compris le rachat de 47 places de parking à un promoteur ; 1 million d’euros (contre 90 000 euros prévus au budget 2017) pour réarranger la salle du bas de l’ancien Conservatoire Soubise; plus de 400 000 euros pour changer la façade du théâtre (théâtre et cinéma sont fermés pour un an, alors que les travaux auraient pu être programmés en intersaisons), les dépenses s’envolent. Les arbres dérangent, on les coupe !

Pendant ce temps, les services pour l’Enfance diminuent : deux accueils de loisirs fermés, Renards maternelle et Roue élémentaire ; Crèche Fleurie fermée, 60 berceaux en moins. Les demandes de parents, balayées. Les NAP disparus, les subventions perdues, les 100 000 euros que la Ville y dépensait ont eux aussi disparu. On coupe.

Encore plus terre-à-terre : L’accès au groupe scolaire des Renards se fait par une voie privée. En principe, 7 lampadaires assurent l’éclairage de cette voie. Mi-novembre un seul fonctionne, les autres sont cassés ou grillés, les abords de l’école sont bien sombres. La Ville n’est toujours pas capable de trouver une solution équitable auprès de la copropriété pour assurer un éclairage convenable les matins et les soirs d’hiver, quand il pleut, que les sols glissent.

Comme l’a si bien écrit Saint-Exupéry, le Petit Prince s’occupe des roses et des moutons ; le businessman, lui, rabroue le Petit Prince : « Je suis sérieux, moi, je ne m’amuse pas à des balivernes ! »

Prenons le problème en sens inverse : on vérifie les éclairages, on améliore la voirie, on détermine les priorités utiles aux fontenaisiens, et on se retient de gaspiller en superflu les recettes fiscales (les impôts), qui sont le fondement de la solidarité démocratique, ô combien rare et précieuse.

Suzanne Bourdet

Conseillère municipale,

Maire-adjointe d’avril 2014 à janvier 2018

3 RÉPONSES

  • Madame Bourdet, 2 questions:
    – Le maire de Fontenay faisait-il partie des présents ou des absents à cette réunion ?
    – Pourriez vous expliquer ce qu’est ce rachat par la municipalité de 47 parkings sur la construction de la cavée ? A quel prix ? Est ce que cela devient un parking public ? Est-ce bien légal car cela évite un appel d’offre pour un projet public ? Restera-t-il assez de parkings pour les habitants ou bien va-t-on avoir les voitures garées dans la rue.
    Merci de vos éclaircissements.

  • Monsieur Renault, voici 2 réponses:

    1 – Le maire de Fontenay était absent à la réunion de Métropole du 3 octobre

    2 – D’après le PLU, pour l’immeuble du 120 rue Boucicaut (Cavée), 47 logements prévus, le promoteur doit prévoir 75 à 80 places de parkings. Si la Ville en rachète une cinquantaine, pour en faire des parkings publics, il n’en reste même pas un par appartement. Les habitants de l’immeuble occuperont alors ces parkings devenus publics, ou se gareront dans la rue. Cela ne règle donc en rien les problèmes de stationnement, tout en coûtant cher à la Ville (1,2 millions d’euros à l’achat + 200 000 euros d’équipement), On peut se reporter aux déboires du parking du marché.
    A noter que le maire avait, en juillet 2017, « négocié », sans l’adjoint à l’urbanisme, cet accord avec le promoteur, qui y gagne alors que la Ville y perd. L’adjoint à l’urbanisme, lui, proposait une formule de « parkings partagés » (solution innovante type Zenpark), comme on en trouve dans de nombreuses villes voisines, et qui permettrait d’optimiser l’utilisation des parkings sans rien coûter à la Ville.
    Suzanne Bourdet

  • Bonjour
    Michel Faye et Suzanne Bourdet ont défendu cette solution innovante de parking partagé devant le conseil municipal. Je suis allé dans le bon sens. Le concept n’est pas nouveau mais il peut être facilement être mis en place désormais grâce aux données numériques et à la digitalisation de l’offre.
    Nos interventions respectives ont été balayées d’un revers de main par la majorité croupion

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