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lettre ouverte sur le projet immobilier ADIM-Vinci

Francis Rondelez
Laurent Ribadeau Dumas

Mardi 30 avril 2024

Lettre ouverte

Monsieur Laurent Vastel
Maire de Fontenay-aux-Roses

Monsieur Michel Renaux
Maire adjoint

Monsieur le Maire, Monsieur le Maire adjoint

Par deux fois, vous avez accordé un permis de construire (PC) puis un permis de construire modificatif (PCM) au promoteur ADIM-Vinci pour un projet immobilier le long de la ruelle de la Demi-Lune, à quelques mètres du château Laboissière, bâtiment du XVIIe inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques. Un projet de 19,50 m de haut et de 28 m de long qui va noyer définitivement le château dans l’environnement urbain. Dans le même temps, l’aspect champêtre de la ruelle de la Demi-Lune va être complètement gommé et celle-ci transformée en canyon sombre et lugubre.

Suite à deux recours devant la justice administrative,  le premier permis  a été rejeté par le juge des référés qui a estimé que l’article 4-3-2 du plan local d’urbanisme (PLU), élaboré par la ville, n’avait pas été respecté. On peut souligner que ce fait est assez rare dans ce genre de dossier.

Le second permis n’apporte que des changements minimes et ne change pas la nature du projet. Nous y reviendrons d’ailleurs dans un prochain article à lire dans les blogs citoyens.

Monsieur le Maire, dans votre interview bilan publié dans le magazine municipal, vous précisez qu’il faut notamment « mettre en valeur notre patrimoine ». Pensez-vous vraiment que ce projet immobilier, à quelques mètres du château Laboissière, fasse partie de cette mise en valeur de notre patrimoine ? Curieusement, on n’a jamais entendu Mme Muriel Guilleminot, maire adjointe chargée de la culture, de l’esthétique urbaine, du patrimoine historique et du fleurissement, pourtant architecte, s’exprimer sur ce dossier… Il y a donc les paroles… et la réalité.

De nombreuses fois, nous avons tenté d’en discuter avec vous. Vous nous avez écoutés avec une condescendance amusée sur l’air de « Nous décidons », « C’est un beau projet d’urbanisme » etc… En clair : circulez, y a rien à voir ! Vous avez rejeté notre recours gracieux et vous nous avez contraints à porter cette affaire devant la justice administrative en déposant un recours contentieux. Quel gâchis de temps, d’énergie et d’argent !

Lors du conseil municipal du 7 décembre dernier, vous avez affirmé, Monsieur le Maire, qu’« un grand nombre de Fontenaisiens veulent cet immeuble ». On se demande bien d’où vous tenez cette « information » puisque nos concitoyens n’ont jamais été consultés sur une telle question !

Pourtant à Fontenay, l’heure de la « démocratie participative » a, semble-t-il, sonné. L’expression a récemment fait son apparition à la une du magazine municipal. Une concertation a d’ailleurs été lancée pour l’aménagement de la rue Boucicaut.

Pourquoi donc ne pas avoir entrepris la même démarche pour un projet d’urbanisme impliquant le château Laboissière ? Surtout un projet qui risque de défigurer la perspective du seul monument emblématique de Fontenay-aux-Roses, rénové ces dernières années sur la base d’un projet de Pierre-Louis Falocci, grand prix national de l’architecture en 2018.

L’urbanisme n’a pas à être du ressort des seuls élus, professionnels et promoteurs. Il concerne aussi et avant tout la vie de la cité tout entière. Il est trop facile de se retrancher derrière la notion de « chantier privé » pour refuser de discuter de certains projets immobiliers. Pratiquer la démocratie participative, c’est tout simplement accepter que les habitants puissent donner leur avis sur des projets qui les concernent.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, Monsieur le Maire adjoint, nos respectueuses salutations.

Francis Rondelez
Laurent Ribadeau Dumas

1 RÉPONSE

  • Laurent Vastel dit et écrit communément que les recours lancés contre les autorisations de permis qu’il a signés pour construire des immeubles d’habitation sur la commune de Fontenay aux roses émanent des groupes de l’opposition municipale ou/et de citoyens soutenus par les groupes politiques d’opposition.

    Ce recours contentieux déposés par les seuls riverains immédiats est l’un des exemples fontenaisiens qui nous montrent que cette affirmation est fausse et non fondée.

    Si ce projet présentait un bâtiment de moins grande hauteur (ne dépassant pas le faitage du château La Boissière, comme cela était réglementairement le cas dans le POS de 1997, avant sa modification n°4 de 2016 puis dans le PLU de 2017), avec une marge de recul d’environ 5,00m par rapport à la ruelle de la demi-lune et avec un retrait réglementaire de 8,00 m par rapport à la limite parcellaire avec la copropriété mitoyenne ces recours successifs n’auraient certainement pas été déposés.

    Et le trou béant dissimulé derrière des barrières de chantier le long de la place du Général de Gaulle depuis maintenant 10 années n’existerait plus.

    Mais la société immobilière VINCI ayant défini dès 2015 que l’équilibre financier de cette opération de logements privés (qui remplaçait celle de logements sociaux) nécessitait de construire sur 19,50 m de hauteur et avec une emprise au sol maximum, la municipalité a modifié les règles d’urbanisme pour qu’il en soit ainsi.

    Tant que les finances seront prioritaires sur l’environnement et sur le cadre de vie des citoyens, seule la justice pourra malheureusement solutionner de tels conflits.

    A moins que la majorité municipale ne prenne enfin conscience que son entêtement ne favorisera pas sa réélection…

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