29 octobre 2020 | 13:18
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Qui porte la responsabilité de l’Architecture des projets sur Fontenay aux roses ?

A la vue des images marketing en 3 D montées pour présenter les projets de construction de logements privés autour du carrefour de la Cavée et en fond de la place du Général de Gaulle, cette question sur la responsabilité mérite d’être posée et il est salutaire d’y répondre.

Il est communément répandu l’idée que les Architectes sont responsables des projets qu’ils ont imaginés.
La réalité est plus complexe.
Ils sont le plus souvent responsables d’avoir accepté de dessiner des bâtiments dont les principes sont définis par leurs commanditaires.
L’Architecte a besoin de gagner sa vie comme tout le monde et dans cette période de rareté de la commande publique, il lui est souvent difficile de s’opposer aux directives de son client.

A une autre échelle, les sociétés immobilières suivent à peu près un schéma similaire.
Quand il leur ait donné l’opportunité de monter une opération de construction de logements, elles la saisissent et suivent les instructions données par celui qui, in fine, signera l’arrêté municipal autorisant la demande de permis de construire qu’elles devront déposér.
Pour ceux qui  douteraient de la dépendance des promoteurs, je précise que ceux qui ont été retenus par Laurent Vastel pour réaliser les nouveaux programmes de logements (Gogedim-Demathieu bard Immobilier pour le carrefour de la Cavée et Vinci immobilier pour la place du Général de gaulle) portent aussi des réalisations contemporaines de très grandes qualité, voir audacieuses et exemplaires, récompensées parfois par des trophées et des prix nationaux d’architecture, sur d’autres communes du territoire national.
Ils savent donc faire et bien faire, pour peu que la commande initiée par l’aménageur ait défini une volonté de requalification urbaine qui aille dans ce sens.

A Fontenay aux roses, la décision prise par l’équipe municipale fraichement élue a été de demander dès la fin 2014 à des société immobilières de mettre en forme des projets de logements privés sur les 2 emplacements précédemment cités, en insistant sur la nécessité de construire un certain nombre de logements afin de redynamiser le commerce local sans tenir compte des règles d’urbanisme qui définissaient les droits à construire et en insistant également sur le fait que les façades et les toitures des  futurs bâtiments devaient être « sages » afin de respecter et de s’harmoniser avec l’esprit village du centre ville…
Ces principes n’ont fait l’objet d’aucun débat ni de concertation avec les habitants, comme beaucoup d’autres sujets dans de nombreux domaines depuis 2015…

Sur l’appréciation esthétique de l’Architecture des bâtiments, appréciation bien évidemment subjective, je ne peux pas m’empêcher de rapporter une partie de l’article du journaliste Jacques–Franck Degioanni qui, dans son éditorial « coup de griffe » publié dans le moniteur du 19 mai 2017 à la page 17, résume parfaitement les enjeux et les conséquences des choix politiques sur la transformation urbaine, à l’annonce d’une manifestation prochaine sur l’Architecture :
« … On pourra aussi légitimement éprouver quelque pincement anxieux quant au contenu d’une manifestation annoncée comme « internationale » et chaperonnée par Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France. On se souviendra en effet ici que la fondatrice du « Club des maires reconstructeurs » – 70 élus de droite et du centre soucieux de faire « du beau » s’entichait alors, durant la campagne des élections régionales 2015, d’une imagerie d’un autre temps, foisonnante de toits à la Mansart, d’œils-de-bœuf, de mignardises en fer forgé et autres immeubles à colombages cryptonormands… Alors méfiance… »

Laurent Vastel fait parti du Club des 70 maires reconstructueurs.
Sa responsabilité sur l’Architecture des projets récemment présentés aux fontenaisiens me semble être évidente.

Mais le plus grave dans tout cela est le fait qu’un bâtiment construit, et qui plus est lorsqu’il s’agit d’un bâtiment de logements privés, restera en place pendant de nombreuses décennies alors que celui qui en a impulsé sa construction n’est de passage à la mairie que pour une mandature de 6 années, voir deux mandatures si la majorité des électeurs sont satisfaits de son travail accompli ou qu’il lui ont redonné leur voix pour éviter ce qu’ils considèrent pouvant être pire…

Si les équipes municipales successives avaient ouvertement précisé leurs gouts esthétiques sur l’Architecture avec un grand A pendant les campagnes électorales, certains bulletins de vote se seraient portés sans aucun doute sur d’autres candidats.
Et notre ville aurait une physionomie bien différente.
Pour rappel et à titre d’exemples, les logements de la Résidence Saint-Prix construits dans le jardin du château la Boissière et les tours de 11 étages édifiées sur le côté gauche en montant la rue Boucicaut ,en lieu et place de maisons de 2 et 3 étages en harmonie avec la partie droite conservée de cette même rue, sont des exemples navrants de réalisations avec lesquelles nous devons aujourd’hui composer, alors que ceux qui les ont portés ont disparu depuis de longues années…

Je pense donc qu’il est indispensable que les prochains candidats qui se présenteront en 2020 définissent leur vision esthétique et architecturale pour Fontenay aux roses lors de leur campagne électorale (même si, comme le disait justement Charles Pasqua : les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient…).
Car tout projet qu’ils pourraient initier pendant leur mandature modifiera considérablement l’évolution de notre cadre de vie.

Pour les places de la Cavée et du Général de Gaulle, il n’est pas certain que les dés soient jetés. Tout dépend de la réaction des fontenaisiens dans les tous prochains mois !
Bernard Welter

 

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