22 juin 2021 | 06:23
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Elections départementales : pourquoi ne nous dit-on pas où en est le projet de fusion entre les Yvelines et les Hauts-de-Seine ?

Rappelez-vous, janvier 2016, les deux présidents des Conseils Départementaux, Patrick Devedjian pour les Hauts-de-Seine et Pierre Bédier pour les Yvelines, annonçaient en grande pompe le projet de fusion entre les deux départements. Ce projet avait trois objectifs, plus ou moins (in)avoués :

  • Le premier est louable : montrer que les élus locaux sont capables d’initiatives pour améliorer le fonctionnement du millefeuille administratif français ;
  • Le second est politiquement défendable : proposer une alternative à la fusion, voulue par le gouvernement de Manuel Valls, de Paris et des trois départements de la petite couronne ;
  • Le troisième est inavouable : fusionner les deux départements les plus riches d’Île-de-France pour éviter de devoir aider les plus pauvres, notamment la Seine-Saint-Denis… Mais tous les observateurs avaient compris !

L’échéance était même fixée : la fusion serait réalisée pour fin 2017 !

Mais, depuis que Manuel Valls n’est plus premier ministre, on ne parle plus guère de la fusion des 4 départements du centre de l’Île de France, et on n’entend plus beaucoup parler du mariage Yvelines/Hauts-de-Seine.

Pourtant les préparatifs avancent !

Un Établissement Public Interdépartemental a été créé dès février 2016. Il permet de mutualiser les ressources et compétences des deux départements. Des missions comme la politique d’adoption, l’archéologie et surtout la voirie lui ont été confiées. Il organise la mise en commun des politiques et des ressources sur des sujets aussi importants que la petite enfance, l’insertion, la santé, l’éducation, les achats…

À tel point que dès juin 2018, le Président (du CD 92 et de l’EPI) Patrick Devedjian affirmait : « Notre détermination est si avancée que nous sommes pratiquement dans une situation irréversible : on ne pourra pas revenir en arrière » (article à lire sur Yvelines-infos).
On aurait donc dépassé le stade des fiançailles, pour passer à la signature du contrat de mariage !

Mais pourquoi n’en entend-on pas parler ?

  • Pas parce que cela pourrait ne pas intéresser le grand public ! Une Consultation citoyenne a même été lancée en février 2020, en pleine campagne des municipales ; le meilleur moyen de passer inaperçu ! Le site Internet dédié à cette consultation est aujourd’hui inaccessible.
  • Plutôt parce qu’il convient de ménager les susceptibilités au sein des majorités des deux conseils départementaux.
    Ainsi, si le nouveau président de l’EPI, Georges Siffredi, a redit, lors de sa prise de fonction en juin 2020, que l’aboutissement de la fusion dépendait d’une décision gouvernementale maintes fois repoussée, le président du CD des Yvelines a saisi cette occasion pour tancer certains élus : « Il ne m’a pas échappé que certains parmi nous pouvaient être tentés de construire leur avenir politique sur la remise en cause de ce projet ».
    Le conseiller départemental de Saint-Cloud, M. Berdoati, confirme : « Certaines mutualisations sont efficaces mais il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à la fusion ».
    « La fusion était un cliquet de sécurité contre la disparition des Hauts-de-Seine, mais la réalité est que les élus ne veulent pas aller jusqu’au bout du processus », assure un autre conseiller départemental. (lire l’article du Parisien daté du 16 juin 2020)

Voilà pourquoi vous n’entendrez probablement pas parler de ce projet de fusion pendant la campagne des départementales. Les majorités sortantes sont certaines de leur réélection, alors pourquoi iraient-elles afficher des divergences internes sur un projet qui nous touche tous directement : petite enfance, collège, solidarités sociales, voirie. Qui n’est pas concerné par l’un ou l’autre de ces sujets ?

Je compte sur les candidats d’opposition pour se saisir du sujet et nous éclairer sur les conséquences de ce projet de fusion.

Michel Giraud

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