Géothermie : vers une concertation en trompe l’œil ?
Le projet d’usine géothermique au Panorama ne fait pas l’unanimité à Fontenay-aux-Roses, loin s’en faut. C’est même, probablement, l’une des causes de la défaite de Laurent Vastel lors des dernières élections municipales.
Dans les trois listes qui se sont rassemblées pour devenir la nouvelle majorité municipale, les avis divergeaient.
Pour les uns, ce projet de géothermie profonde, ne produisant que de la chaleur, est un projet du passé. Il faudrait aujourd’hui travailler sur la géothermie de faible profondeur, permettant de produire du chauffage l’hiver et de la climatisation l’été.
Pour d’autres, la géothermie est par principe une bonne solution pour décarboner l’énergie ; le projet doit donc être poursuivi après une phase de concertation avec la population, et notamment avec le club de football qui voit disparaître dans cette affaire son seul terrain de jeu homologué.
Pour les troisièmes, enfin, il convient d’examiner en détail :
- le bilan financier du projet (ne serait-il pas plus efficace d’investir dans l’isolation des bâtiments pour réduire leur consommation d’énergie ?) ;
- son bilan écologique (bilan carbone de construction de l’usine et des 20km de tranchées pour construire le réseau de chaleur) puis celui du fonctionnement (à Bagneux, la géothermie ne représente que 40% de la production de chaleur, le reste, c’est du gaz et/ou de l’électricité) ;
- son impact sur l’environnement (biodiversité du côteau du Panorama, terrain de foot, nuisances pour les riverains, etc.).
À ma connaissance, un audit financier du projet est bien lancé. Rien en revanche, semble-t-il, ni sur le bilan écologique, ni sur l’étude d’alternatives (géothermie de faible profondeur, investissement dans l’isolation plutôt que dans un nouveau moyen de production d’énergie).
L’impact sur l’environnement sera, à n’en pas douter, au cœur des réunions organisées par la mairie. Mais le format de ces réunions interpelle !
Elles feront l’objet de présentations du projet par Géosud92 (société publique locale porteuse du projet) et le SIPPEREC (Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Réseaux de Communication, principal investisseur du projet). Autant dire que l’instruction sera à charge, le projet actuel n’ayant évidemment, pour ses promoteurs, que des qualités et les alternatives beaucoup de défauts. Il suffit pour s’en convaincre d’aller lire la page « On parle de nous » sur le site Internet de Géosud92 (https://geosud92.fr/on-parle-de-nous/) qui a en outre le mauvais goût d’être sous-titrée « FACT CHECKING », ce qui sous-entend que ceux qui émettent des objections ou posent des questions mentent…

Les élus ne pourront pas s’exprimer lors de ces réunions, sauf la maire. Ceci explique sans doute pourquoi une publication Facebook d’un adjoint écologiste à la maire, qui prétendait qu’il suffisait de trouver le financement d’un nouveau terrain de foot homologable pour que le projet puisse démarrer, a disparu… Une opinion trop clairement exprimée et donc gênante ?
Je participerai à ces réunions de concertation, mais je crains fort que les dés ne soient pipés : des questions seront posées, Géosud92 et SIPPEREC apporteront des réponses, qui sont celles que l’on connaît déjà. On nous dira que la précédente majorité a pris des engagements et que ne pas les tenir serait coûteux pour la ville, etc.
Et, in fine, il n’est pas prévu de faire voter le nouveau conseil municipal sur ce sujet. Surprenant !
L’affaire serait-elle pliée ? Il y aura des modifications à la marge, mais le projet conçu par l’ancienne majorité municipale sera réalisé… Hélas !
Michel Giraud
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