9 mars 2026 | 20:59
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Numérique municipal : au-delà des querelles, une vision

À quelques jours du scrutin, le débat s’est ouvert sur le numérique à Fontenay. Tant mieux. Ce sujet mérite mieux que l’indifférence.

Un candidat de la liste sortante a pris le temps de nous répondre. Je l’en remercie. Et je constate avec intérêt que nous partageons plusieurs convictions.

Il écrit : “La transformation numérique d’une collectivité ne consiste pas simplement à empiler des outils.” Nous sommes d’accord. Il ajoute que les canaux — site web, application, téléphone, accueil physique — doivent être “complémentaires, afin que chacun puisse utiliser celui qui lui convient”. Nous sommes encore d’accord. Il propose des “ateliers ouverts associant habitants, agents et élus”. C’est précisément notre méthode depuis le début.

Sur le diagnostic, nous divergeons. Il cite des services existants : planning scolaire, annuaire des associations, prise de rendez-vous. Ce sont des fonctionnalités utiles. Mais en 2026, elles constituent le socle minimum de toute commune. La question n’est pas là.

La question est : quand un incident survient dans notre ville, les habitants sont-ils informés en temps réel ? Peuvent-ils signaler un problème et suivre sa résolution ? Ont-ils accès à des données sur leur environnement — qualité de l’air, nuisances sonores ? Existe-t-il des lieux pour accompagner ceux qui décrochent du numérique ?

Clamart a son application “Ville de Clamart” avec alertes et signalements. Bagneux a “Iris”, qui a traité près de 9 000 demandes d’intervention. Châtillon a “Mon Châtillon”, 3 500 téléchargements en un an. Et Fontenay ?

Les agents municipaux font leur travail avec les moyens qu’on leur donne. Le problème, ce sont les choix politiques de ces douze dernières années.

Notre vision repose sur une stratégie cohérente : un site web modernisé, une application pour informer et dialoguer avec les habitants, une permanence numérique pour accompagner ceux qui décrochent, et Station B aux Blagis — un tiers-lieu où l’on passe de l’idée au projet, avec l’accompagnement nécessaire pour ensuite frapper à la porte de la Maison des Entrepreneurs.

Ce n’est pas une liste d’outils. C’est un écosystème pensé pour que le numérique serve vraiment les Fontenaisiens.

Et nous n’avons pas attendu d’être élus pour commencer : l’application L’Élan Citoyen existe et fonctionne.

Ahmed Mouldaia
L’Élan Citoyen pour Fontenay

1 RÉPONSE

  • Laurent Ribadeau Dumas

    Je trouve que c’est une bonne chose de voir des membres de différentes listes de la majorité et de l’opposition échanger courtoisement sur le numérique, dont la place devient de plus en plus importante dans nos sociétés.

    Le problème me semble être de combattre fermement ce que d’aucuns appellent la “fracture numérique”, véritable ségrégation qui s’est sournoisement mise en place au fur et à mesure des années. Notamment entre les générations, entre classes favorisées et défavorisées.

    Au nom de la simplification et aussi, sans l’avouer vraiment, pour des raisons budgétaires, les différents pouvoirs publics ont pratiqué la “dématérialisation” à marche forcée. Aiguillonnés par des geeks et par la volonté d’être dans l’air du temps, ils ont parfois oublié que les usagers ne sont pas égaux face au numérique, que certains ne sont pas équipés d’un téléphone ou d’un ordinateur ou ne sont pas à l’aise pour s’en servir. Résultat: il devient de plus en plus difficile de ne pas avoir à faire une démarche administrative sur internet. Mais l’ergonomie des sites est parfois d’une complexité kafkaïenne. Sans compter tous les codes et autres mots de passe qu’il faut rentrer ! Pourtant, quand l’administration veut, elle peut: il n’y a qu’à regarder le site des impôts, bien fait, et pour lequel elle a su accompagner les usagers. Il faut bien que les citoyens puissent payer leurs impôts…

    Sur la messagerie de la CNAV, par exemple, il était impossible à une certaine époque d’écrire des messages avec des accents, certains signes de ponctuation etc… Réussir à envoyer un message relevait de l’exploit alors que l’on ne pouvait pas faire autrement que passer par le site. C’est inadmissible, pour ne pas dire scandaleux. De la même façon, au nom de la dématérialisation, on ne peut plus recevoir les papiers de la Sécurité sociale par la Poste. Question: comment font ceux qui n’ont pas d’ordinateur ?

    Ségrégation, vous avez dit ségrégation ? Comme dans le film de Ken Loach, “Moi, Daniel Blake”, où l’agence pour l’emploi locale laisse un vieil artisan au chômage se débrouiller tout seul avec un ordinateur pour faire valoir ses droits. Une scène dans un film vaut parfois mieux qu’un long discours…

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