23 septembre 2020 | 07:16
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Pour une maîtrise d’usage à Fontenay-aux-roses

Lu dans le n°5867 du Moniteur des travaux publics et du bâtiment paru le 06 mai 2016, un article sur l’urbanisme dans lequel Alain JUPPE, Maire de Bordeaux et Président de Bordeaux Métropole affirme « La méthode participative est devenue incontournable pour faire la ville ».

Dans ce même numéro, un autre article traite de la « Maitrise d’usage » et précise en sous titre que « les citoyens déboulent dans les projets. A l’heure de Wikipédia et Twitter, les maitres d’œuvre vont être obligés d’intégrer aux projets l’expertise des habitants. Habitués à donner leur avis, ils ne laisseront plus la ville se faire sans eux ».

Dans cet article, on peut y lire les réflexions de plusieurs personnes citées qui ont pu apprécier cette démarche sur la maitrise d’usage . Ainsi :

  • Patrick Kanner, ministre de la ville : « aucun projet ne sera financé par l’Agence Nationale pour la rénovation urbaine sans association des habitants ».
  • Pierre Bousquet, co-président du réseau national des aménageurs : « Les citoyens perdent confiance dans la démocratie représentative et la concertation normative ne leur suffit plus ».
  • Bernadette Peaudeau, responsable d’agence de l’OPH Nantes Habitat : « Les chantiers se déroulent mieux, sans blocages. nous notons moins de dégradations et la démarche crée un sentiment d’appartenance ».
  • Jean-François Caron, Maire de Loos-en Gohelle : « Les habitants s’approprient mieux les projets parce que ceux-ci sont plus intelligents et jugés plus efficaces ».
  • Barbara Kilary, auteur(e) de cet article sur la maitrise d’usage écrit : « La génération montante donne son avis sur tout. Grâce aux réseaux sociaux, elle influence la réputation d’une société. Prendre en compte son expertise permet d’apaiser les contestations, voire de les étouffer dans l’œuf. Grâce à cette démarche, les élus conçoivent une ville en adéquation avec les attentes des administrés et, en passant, ils assurent leur légitimité ».

A Fontenay aux roses, le pouvoir exécutif en place (le Maire et plusieurs Adjoints bien ciblés) a un point de vue hélas diamétralement différent de ceux relatés ci avant puisqu’il nous dit en réunions publiques ou dans des conversations impromptues et écrit :

  • « Les comités d’habitants n’ont pas à s’occuper d’urbanisme. »…
    Etrange affirmation et en totale incohérence puisque :

    • 1 membre et son suppléant de chaque comité d’habitants ont été invités par la municipalité à siéger aux ateliers de la CEMUA sur le PLU,
    • 1 membre et son suppléant du comité d’habitants centre ville ont été invités par la municipalité à siéger aux premières et seules réunions des ateliers de la CEMUA, le 01/04/15 sur le réaménagement de la place de la Cavée et le 15/04/15 sur celle de la place du Général de Gaulle, au cours desquelles les sociétés immobilières ont présentés leurs projets de réaménagement.
    • Une permanence est ouverte à chaque comité d’habitants à tour de rôle 2 heures chaque samedi matin dans le local Fontenay Scope afin que leurs membres s’entretiennent avec les habitants sous les images flatteuses des projets de réaménagement des places de la Cavée et de l’église et d’élaboration du PLU. Comme si ce lieu (déjà dénoncé sur ce blog et par les représentants de tous les comités d’habitants qui tiennent les permanenes) avait été délibérément choisi pour qu’ils s’associent et fassent la promotion de ces projets pour lesquels ils n’ont pas été conviés à y contribuer.
      Ce qui me fait personnellement douter du bien fondé de la CEMUA….

  • « Le rôle du maire est de remettre notre démocratie en mouvement, c’est à dire de lui permettre de prendre des décisions majoritaires au service de l’intérêt général, dans le cadre du mandat issu du suffrage universel (Edito du Maire du mois de mai 2016 dans le Fontenay Mag) »…
    Le décryptage de cette phrase revient à dire que la démocratie participative entraine l’immobilisme et qu’il faut donc la remplacer par la démocratie représentative, c’est à dire prendre des décisions sans consulter les administrés lors de l’élaboration de projets.
    Il est certes plus facile et plus rapide d’imposer des projets, mais cela entrave inévitablement des réactions d’opposition et donc le résultat n’est pas efficace ni satisfaisant pour toutes les parties prenantes.
  • « Une association ou un groupe d’habitants n’ont pas à dicter au Maire ce qu’il a à faire. Un maire est élu et décide. Si les fontenaisiens ne sont pas satisfaits de notre action, ils pourront le dire en 2020… »
    La problématique des Fontenaisiens attachés à la qualité de vie de leur quartier et de leur commune est de la préserver dans les années futures, indépendamment de toutes échéances électorales.

Pour ma part, je pense que prendre un peu plus de temps et donc dépenser un peu d’argent pour élaborer des projets en co-concertation avec les administrés, c’est se donner les moyens de faire évoluer de façon sereine et donc satisfaisante l’aménagement de tout ou partie d’un territoire communale.

Un même projet finalisé sera d’autant mieux accepté par les habitant qu’il aura été obtenu par consensus.

Il y a des municipalités qui ne sont pas capables d’assumer le processus de co-concertation. Elles imposent leurs choix en se retranchant derrière les élections démocratiques.
Fontenay aux roses semble faire de plus en plus partie de ce clan la.

Bernard Welter

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