26 juillet 2021 | 18:23
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Surfer (en bleu) sur la vague verte à Fontenay

Le développement durable, la biodiversité, le changement climatique… Ces mots sont beaucoup utilisés actuellement. Pas forcément à bon escient.

La majorité fontenaisienne se découvre une nouvelle préoccupation et verdit son discours dans le Fontenay Magazine du mois (n° 464-Juin 2021), quelques jours avant les élections départementales.

Ces sujets, curieusement nouveaux dans le discours de Monsieur Vastel, nous les décryptons pour vous !

1) Parler en utilisant les bons mots

Commençons par le commencement, il faut savoir de quoi nous parlons.

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » nous dit le rapport Brundtland.

Madame D.Bekiari déclare dans l’article « nous souhaitons faire du développement durable une politique massivement appliquée ». Vous voyez ici la différence d’analyse. Le développement durable n’est pas une politique qui doit être appliquée à plusieurs endroits, mais un objectif global.  Voilà le point de bascule qui fait la différence entre des politiques volontaristes et du greenwashing.

Dans la continuité de ce petit jeu des définitions, intéressons-nous à la question du changement climatique. “Les gaz à effet de serre (GES) ont un rôle essentiel dans la régulation du climat. Toutefois, depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère. En conséquence, l’équilibre climatique naturel est modifié et le climat se réajuste par un réchauffement de la surface terrestre.” (https://www.ecologie.gouv.fr/changement-climatique-causes-effets-et-enjeux).

De l’autre côté, selon l’OFB, « La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend également les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux ». Pourtant la majorité nous dit lutter contre le changement climatique dans son article de présentation du projet de rénovation du square Pompidou.  Projet tourné vers les questions de biodiversité et de gestion de l’eau.

L’écologie est une question sérieuse, ne mélangeons pas les couteaux et les fourchettes.

2) Un projet “pilote”

En première de couverture, et sur 5 pages, le magazine municipal nous présente « le square Pompidou : projet pilote de développement durable ». Le développement durable est-ce mettre des pavés espacés ?

Le projet décrit dans ces lignes semble en effet intéressant sur les questions de biodiversité et de gestion de l’eau. Cependant, comment en être sûr sans la communication de ce fameux diagnostic faune et flore, ni sur les impacts positifs attendus ? Pourquoi créer des espaces humides à cet endroit ? Le texte ne nous l’explique pas.

Mais surtout, ce qui parait surprenant, c’est de lire ces lignes après que le maire et son équipe aient rénové trois places, de tailles bien supérieures au square sans même tenir compte de ces critères, qu’ils nous présentent eux même comme incontournables. Trois places artificialisées, sans tenir compte de la récupération des eaux de pluie ni de l’imperméabilisation des sols, et sans arbres notables pour les rafraîchir l’été. Pourquoi ne pas avoir utilisé ces mêmes techniques et matériaux pour ces lieux ?

Un projet pilote, après 7 ans de mandat, cela arrive peu tard.  L. Vastel démontre qu’en réalité les constructions, entreprises par lui jusqu’à maintenant, étaient des aberrations écologiques en plus d’être des investissements hors de prix (7,7 millions d’euros au total).

Ce projet est donc l’illustration de l’incohérence de la majorité sur les sujets de développement durable. Le développement durable ce n’est pas un faire-valoir pour récupérer des votes. Une action n’a pas d’impact si en parallèle on en réalise trois qui vont à l’encontre de l’objectif défendu !

Le développement durable est un objectif que tous les projets doivent permettre d’atteindre.

3) Un bric à brac d’informations

Dans cette volonté de se verdir, le magazine présente un bric à brac d’éléments plus ou moins verts :

  • 30 arbres plantés par la ville entre novembre 2020 et février 2021, mais un nombre beaucoup plus important d’arbres coupés :
    • Abatage de 22 arbres lors de la réfection de la chaussée et des trottoirs de l’avenue Jean Moulin
    • Abattage de 25 arbres non malades (plantés 4 ans auparavant) du carrefour des Mouilleboeufs jusqu’à la rue Briant.
    • Abattage d’arbres au 126 rue Boucicaut *
    • Abattage d’arbres rue des potiers **
    • Abattage d’arbres rue Marx Dormoy ***
    • Abattage de 48 arbres rue des Pierrelais
    • Quid des arbres présents sur les terrains pavillonnaires condamnés à la construction d’immeubles, quid des magnifiques platanes aux Paradis (impossible de tous les conserver vu le positionnement de la futur route traversant le quartier), dont l’abattage est rendu possible par la suppression de l’espace boisé classé (EBC) du lieu…

Pourquoi se battre contre l’abattage des arbres ? Parce que couper un arbre c’est libérer du carbone. Replanter un arbre c’est bien, mais il mettra une dizaine d’années avant de capter autant de carbone que son prédécesseur. Il mettra aussi des années avant de pouvoir offrir suffisamment de fraicheur. Il est parfois nécessaire d’en couper, mais cela doit être à la marge et non pour assouvir une politique du tout béton.

  • “29 hectares d’espaces verts à Fontenay-aux-Roses”. Comment L. Vastel peut-il se vanter d’un bilan qui n’est pas le sien ? Ses mandats lui ont plutôt permis de réduire ces espaces verts grâce à son PLU qui a supprimé des EBC publics et à ses projets de construction (exemples : parking créé sur la Coulée Verte rue Georges Bailly, espace engazonné disparu en haut de la rue Blanchard pour y faire le nouvel immeuble de La Cavée, rue du Moulin Blanchard)
  • “6 ruches municipales installées sur le coteau boisé du stade du Panomara” ; or elles ont été installées en 2013, donc avant l’élection de Laurent Vastel.

Nous pouvons conclure que L.Vastel a raclé les fonds de tiroir pour tenter de faire croire que le développement durable fait partie de ses préoccupations principales.

Il n’a réussi en fait qu’à démontrer son incohérence face à ce sujet qui est pourtant celui de notre avenir à tous.

On espère que les exigences seront plus sérieuses sur le contenu de la “charte pour l’environnement” et surtout qu’elles seront débattues avec les fontenaisiens si nous voulons espérer répondre à l’urgence écologique.

Astrid Brobecker & Pauline Le Fur

Sources :

1 RÉPONSE

  • Marie-Hélène Boulestreau

    Je suis née à Fontenay, à l’époque où c’était encore un peu un village agricole, avec de nombreux maraîchers, et où subsistaient des sources, de beaux arbres, et de grands jardins. J’ai assisté à sa défiguration avec la construction des tours de la rue Boucicaut, et au fait que Fontenay devienne “une ville de passage” avec l’élargissement de la rue Antoine Petit. Depuis ce n’est que l’accélération du bétonnage, abattages d’arbres , de maisons de caractère, qui faisaient tout son charme. Comment peut-on se prétendre “verts et écolos” avec une politique telle ? Il y a quelques semaines, toutes les herbes folles des trottoirs et des bords des murs de ma rue se sont retrouvées brusquement grillées. Au vu des employés, en tenues de cosmonautes, pour vaporiser le produit “miracle” qui les a tuées instantanément, j’ai peur que le glyphosate n’ait pas disparu de leur panoplie… Mais, sans doute ai-je mauvais esprit ?

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