16 septembre 2026 | 15:07
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Apprendre à bien planter des arbres en ville : une impérieuse nécessité !

Un élu du Conseil municipal a récemment publié sur son blog un article titré « Planter des arbres en ville : une nécessité ». Je ne contesterai pas son argumentaire, tout à fait fondé. Cet élu fait preuve de pédagogie ; c’est bien.

Mais j’ai quand même envie de compléter en disant qu’apprendre à bien planter des arbres en ville est une impérieuse nécessité.

Malgré toute l’attention que je porte à mon jardin, je ne vais pas me risquer ici à donner des conseils aux jardiniers qui travaillent pour la ville sur la façon de préparer les sols avant la plantation, puis d’accompagner les jeunes pousses au cours de leurs premières années. Ils sont a priori bien plus compétents que moi (même si l’exemple récent du parc Sainte-Barbe laisse penser que, chez certains prestataires, l’appât du gain l’emporte largement sur le bien-être végétal).

Mais bien planter un arbre, c’est aussi bien choisir l’emplacement de sa plantation. Et bien choisir cet emplacement ne peut pas être le seul fait d’un élu, fut-il accompagné des meilleurs jardiniers.

Autour d’un arbre à bientôt planter, qui deviendra grand dans quelques années, il y a des riverains, qu’il faut écouter : « il va faire de l’ombre à mes cactus », « sympa, si on le déplace un peu il me cachera du vis à vis », « il va gêner la visibilité quand je sortirai la voiture du garage », « chouette, il va contribuer à ombrager ma terrasse à l’heure du barbecue ». Je ne vais pas tenter d’imaginer toutes les réactions possibles, il y en aurait des milliers.

Pour bien planter un arbre, il faut donc écouter les riverains, et les entendre (c’est plus difficile), c’est-à-dire accepter de modifier un projet pour qu’il soit plus acceptable : si on ne plante que huit arbres plutôt que dix là où il n’y en avait aucun, est-ce si grave ? Si, dans l’urgence, on se contente de cinq, est-ce catastrophique ?

Gageons que notre nouvelle majorité apprendra vite à mieux planter des arbres.

Michel Giraud

NB : de nombreux lecteurs connaissent mon attachement à la Gironde. En écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de penser à Pierre Hurmic, éphémère maire écolo de Bordeaux, qui a lui-même reconnu avoir manqué de pédagogie et d’écoute dans la mise en œuvre de son programme. Je pense aussi, avec colère, à ceux qui, par doctrine, se sont opposé au débroussaillage intensif et à l’abattage de quelques milliers d’arbres pour réaliser de larges coupe-feux, ce qui aurait évité que des centaines de milliers d’autres arbres périssent dans les incendies de 2022 et 2026.

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