28 mai 2020 | 07:44
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Confinés ou espace confiné ?

Le maire de Fontenay-aux-Roses vient de prendre un arrêté afin d’empêcher toute vente de denrées sur l’espace public. D’après les services municipaux, cet arrêté a aussi pour effet d’interdire la distribution des légumes de l’AMAP (la Farigoule) à l’extérieur et impose donc à l’association d’effectuer la distribution à l’intérieur, en milieu confiné.

Il y a manifestement une mauvaise interprétation de la notion de confinement : l’intérêt (majeur et vital) du confinement imposé à la population est de limiter au minimum les contacts entre individus, de manière à limiter et à freiner la propagation de l’épidémie.

Le bon confinement est celui qui consiste à n’être en présence que de quelques personnes, toujours les mêmes. Le fait de rester chez soi (confinement) n’est qu’un moyen de limiter ces contacts ; l’intérêt n’est pas en tant que tel de rester enfermé chez soi mais d’avoir le minimum de contacts !

Le mauvais confinement est celui qui consiste à mettre, dans un même local, de nombreuses personnes étrangères les unes aux autres qui peuvent potentiellement se contaminer en se croisant dans une atmosphère mal ventilée.

Nous sommes certes dans une période où l’urgence vitale collective est telle qu’on peut suspendre certaines activités économiques. Toutefois, la vente de denrées alimentaires est une nécessité première et reste autorisée.

Les autorités ont même considéré que les banques, quincailleries et bureaux de tabac pouvaient rester ouverts… La question de la vente d’aliments ne se pose donc pas.

Reste à voir comment l’organiser de la manière la moins risquée. Les livraisons à domicile ou dans des espaces dédiés (« drives »), faites avec beaucoup de précautions (sans aucun contact direct), peuvent être une bonne solution. Le plus souvent, les courses sont faites dans des supermarchés, avec souvent la présence de nombreux clients qui se croisent, de nombreux contacts indirects et en milieu confiné (rappelez-vous : le mauvais confinement…).

Au passage, un grand merci à tous les commerçants, caissiers, livreurs, professionnels de l’alimentation… de continuer à nous approvisionner !

Lors d’une distribution (et non vente) de l’AMAP, depuis la mise en place des mesures de confinement national, les paniers de légumes sont déjà préparés à l’avance, ce qui limite la manipulation et les contacts.  En outre, les distributeurs de l’AMAP sont protégés et protègent les autres par des masques et des gants. Le contact direct est donc nul et le contact indirect est minimal (une personne met à disposition le panier à une personne, sans la toucher). Cette manipulation est très protégée et justifiés par la nécessité de s’alimenter. La distribution est donc clairement moins à risque que de faire ses courses au supermarché.

En outre, une distribution à l’intérieur augmente le risque pour trois raisons : tout d’abord, il y a davantage de risques de croisements entre individus ; ensuite, il y a moins de place pour que les membres restent éloignés les uns des autres ; enfin, réunir des individus dans un espace confiné sans ventilation spécifique majore le risque de transmission par aérosols entre individus. En l’occurrence, la notion de confinement est mal comprise…

En résumé, laisser faire une distribution de panier à l’extérieur minimiserait le risque. C’est bien dommage de l’interdire !

De même, la municipalité de Fontenay-aux-Roses a décidé d’interdire complétement la vente par les commerçants du marché dans l’espace public.

Mais pourquoi ne pas autoriser le marché à fonctionner à condition d’adapter les modalités ? On pourrait pourtant organiser un système de commandes-livraisons au pied du camion, en extérieur. Les habitants seraient heureux de continuer à avoir des produits frais, les commerçants de pouvoir continuer à vivre de leur travail et la santé publique serait moins compromise par de tels circuits plus adaptés. C’est ce qui est fait à Sceaux et au Plessis-Robinson où des « drives » sont organisés avec les commerçants du marché.

Emmanuel Durand, professeur de médecine.

7 RÉPONSES

  • En effet, cela paraît complètement incohérent ! Un moyen de le convaincre ?

  • Peut-être que si l’initiative des commerçants et producteurs, de Gilles Mergy et de ses colistiers et des associations avait été imaginée par quelqu’un de la liste de L. Vastel / majorité municipale actuelle (et oui, il n’y a pas eu de second tour le 22 mars), le décret n’aurait pas été pris ?
    Je pense que c’est plutôt de ce côté-là que l’on peut trouver une explication.
    Les explications rationnelles données par Emmanuel Durand montrent à quel point la décision d’interdire sur la voie publique à Fontenay ne serait-ce que la distribution de denrées commandées va à l’encontre de ce qu’il est raisonnable de faire.

    L’autorisation a été donnée par des maires voisins pourtant pas réputés être des personnes aux idées politiques farouchement différentes de celles de L. Vastel (carrément du même parti, même si la multiplication des étiquettes de sa liste a pu jeter le doute), et dont certains se font aussi entendre dans les médias.

    Chacun a sa part d’irrationnel ; mais celle-ci doit être maîtrisée au mieux quand on exerce des responsabilités et que ces responsabilités ont une incidence sur les risques que l’on fait prendre aux autres.
    Souhaitons à L. Vastel de bien se remettre.
    Souhaitons aux Fontenaisiens d’être extrêmement prudents en effectuant leurs courses dans des lieux confinés pour éviter de risquer de connaître ce qu’il a vécu.

  • Démonstration qui me semble imparable! J’aimerais bien connaître les arguments de ceux qui de fait jugent les grandes surfaces moins contaminantes que les marchés et les ventes à l’air libre avec bien entendu le respect des distances de « sécurité ». Nous sommes obligés de nous nourrir et donc de sortir, nous prenons certes ainsi des risques, mais aimerions que ces risques soient le plus limités possible et que la réglementation réponde à une logique allant dans ce sens.

  • Cette décision manque effectivement de bon sens. À l’heure où toutes les collectivités locales se mobilisent pour aider/accompagner les entreprises, commerces artisans, j’ai l’impression qu’ici on attend le déluge.

  • Et l AMAP faisait elle sa distribution ce soir dans une salle communale? Les memes qui sont indiquées comme etant fermees sur le site de la ville?
    Énigme  » J ai fait 1 nouvel arrêté mais du coup je suis obligé d autoriser ce qui a ete interdit il y a 15j 3 semaine et qui est toujours note comme tel sur le site de la ville…  »
    La municipalite s occuperait elle enfin des fontenaisiens en essayant de leur proposer des énigmes a resoudre a la veille d un nouveau w end de confinement?
    Dommage que ce ne soit pas 1 w end prolonge… perso j ai peur de ne pas trouver la reponse en 2 jours et vous??

  • C’est tellement mieux de jeter.. de détruire le travail des producteurs français et locaux, de faire venir des tomates d’ Espagne ou d’israël à 6 ou 7 euros le kg qu’aucun fontenaisiens ne pourra acheter. Le marché pourrait se tenir sur la place au moins le samedi avec toutes les mesures à respecter. Comme si l’état allait tout prendre sous son aile. Macron a fait reculer les échéances de paiement mais cela ne résoudra pas l’affaire. les banques réclameront tôt ou tard leurs dû, etc, etc…

  • Marie-Hèléne Boulestreau

    Je ne sors pas, mon âge me classant parmi les  » personnes à risque » Mais j ‘ ai des voisins charmants , dévoués et efficaces, qui me ravitaillent, bien qu ‘ ils soient en télétravail toute la semaine..Ils m ‘ ont dit avoir vu des files d ‘ attente, interminables, rue Boucicaut , et un beau défilé de voitures, au milieu de cette foule..ils ont dû aller se ravitailler..ailleurs!

    Quelqu ‘ saurait me dire, pourquoi la petite épicerie nouvelle au 29 rue d ‘ Estienne d ‘ Orves, est fermée peu après avoir ouvert? C ‘était une  » planche de salut  » pour ce quartier loin de tous commerces..Bon ravitaillement et bon courage à tous.

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