21 octobre 2019 | 20:03
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Elections : comme prévu un grand vainqueur qui chamboule tout

Eh bien oui, encore une fois contrairement à ce que beaucoup pensaient ou espéraient, les sondages ne se sont pas trompés ! Un parti sort très largement vainqueur. Il chamboule tout.

Avec 50% au niveau national et 53 % à Fontenay aux Roses, il remporte haut la main les élections. Il réunit des jeunes des vieux des grands des petits des blonds  des bruns le nord et le sud.

Il est peut être bleu – de toutes les nuances du bleu -, vert, rose, rouge ou de toutes les autres couleurs de l’arc en ciel, mais il est là et bien là. C’est lui le plus grand parti de France.

C’est le parti de l’abstention.
Il est souverainement ignoré de tous les responsables (est-ce vraiment le bon mot?) politiques, qui chacun au lendemain d’une élection continue à expliquer que « du fait de son excellent 27% face au maigre 38% du concurrent , qui additionné au 18 % du 3 ème moins le cosinus de ce ceux qui devraient… et en divisant par la cotangente de ceux qui pourraient…, a obtenu une très belle victoire, etc, etc…! On connait !
Et à la fin on est élu avec 25% des voix des français en age de voter.
75 % n’ayant donc pas voté pour le vainqueur ou ont voté contre.

Et comment peut on  tirer une indication solide sur ce que pensent vraiment politiquement les français quand 50 % des inscrits ne se sont pas exprimés ?

Et bien sûr le lendemain matin, on se répand  sur toutes les radios et les télés pour marteler « …on a compris ce que nous disent les français,….. » , phrase partagée par tous sans exception, et on se retrouve à la prochaine élection avec le même problème à 1 ou 2 % près !
Au delà de considérer pour les bleus clairs, les roses, les rouges, et les verts (comme ils sont tous en train de nous le refaire ce lendemain matin de sorti de cuite carabinée) que l’on a pas réussi à convaincre les français que la politique des bleus foncés n’est pas bonne pour la République, quand vont ils trouver les moyens – et il y en a  il suffit de regarder d’autres pays d’Europe (au fait, ça existe encore ce machin là?) – pour éradiquer une bonne fois pour toutes  ce fléau qu’est l’abstention ?
Mais patience bon sang ! Attendons le pire, ça va venir vite et après ça ira mieux.
Daniel Marteau

5 RÉPONSES

  • Daniel, quand tu parles de « moyens – il y en a, il suffit de regarder d’autres pays d’Europe », à quoi fais tu allusion ?

    • Si on a des droits en démocratie on a aussi des devoirs. Il y a tellement de pays dans le monde qui ne donnent pas la possibilité à leur peuple de s’exprimer que l’on ne doit pas gâcher ce droit (qui pour moi doit devenir un devoir) quand on a la chance de vivre dans une démocratie.
      Donc le vote doit être obligatoire. On peut voter X, Y, ou Z, on peut voter blanc on peut voter nul mais on doit voter.
      Et si on ne vote pas? On sera pénalisé.
      Comment? Non pas financièrement bien sûr ce serait inéquitable mais, en cohérence avec les valeurs de la démocratie et de la république, par un travail d’intérêt public.
      Je parlais de pays en Europe où le vote est obligatoire, la Begique est un de ceux là.
      J’espère avoir répondu à la question.
      Daniel Marteau

  • Dominique GUILLOU

    Je suis évidemment d’accord pour « condamner » l’abstention qui fait qu’on peut parfois être élu avec 10% des inscrits (ex. de certaines municipales)
    Maintenant il faut se poser la question de savoir pourquoi la moitié des citoyens ne se déplace pas et pourquoi bientôt 30% des autres en moyenne votent pour des « solutions » totalement délirantes et fondées sur le repli sur soi et la haine de « l’Autre ».
    C’est un mouvement de fond, qui vient de loin, et effectivement à chaque résultat de scrutin on a droit aux mêmes discours des partis dits de gouvernement sur l’air de « nous avons entendu le message ». Et à chaque scrutin suivant, la situation se dégrade.
    Les causes sont bien sûr multiples et complexes, mais quand même :
    – on constate une forte droitisation de la majeure partie de la classe politique : l’UMP puis le Les Républicains ne cessent de puiser dans le programme du FN, et sous prétexte de ne pas « heurter » l’électorat frontiste ou celui de Les Républicains, le PS n’en finit plus de glisser à droite (on remarque d’ailleurs que le débat public s’organise de plus en plus autour des « idées » du FN) Aussi, avec certes quelques nuances, mais de plus en plus minimes, les politiques économiques et sociales menées au fil des alternances semblent désespérément identiques puisqu’inspirées par une même caste d’experts technocrates issus du même moule.
    – plusieurs décennies de crise économique et sociale quasi ininterrompues ont plongé nombre de nos concitoyens dans une désespérance dont ils ne pensent plus pouvoir sortir : survie au jour le jour sans aucune perspective d’obtenir un vrai travail (et non -dans le » meilleur » des cas- une succession d’emplois précaires : CDD, emplois aidés, stages, …) qui ne permettent pas de se projeter dans l’avenir, d’acquérir une certaine « estime » de soi quant à sa place et son rôle dans notre société. D’autant que celle ci ne « reconnait » désormais les gens qu’en proportion du niveau de leur compte bancaire.
    Face à cette désespérance que nous propose-t-on ? Une dépolitisation complète des questions socio-économiques « : il n’y a qu’une seule politique possible » (refrain), un ordre économique et social ultra libéral, et des chiffres, et des stats, des équilibres financiers (refrain), la nécessité évidemment indépassable de restaurer la santé financière des entreprises comme des services publics tout en multipliant les exonérations fiscales.
    C’est le règne de l’individualisme, du toujours moins pour la plupart et du toujours plus pour une minorité, et tout ça pour soi disant atteindre des objectifs qui de fait ne le sont jamais.
    Une partie des « élites » « de gauche », hélas, porte une lourde responsabilité : tel club de pensée décrétant que le travail/les travailleurs sont des concepts du passé qui ne pèsent plus électoralement et que l’on peut donc désormais faire l’économie de s’y intéresser, un grand sachant (ancien très proche collaborateur présidentiel) décrétant que l’intermittence du travail constituait désormais notre avenir radieux, qu’il convient « de devenir entrepreneur de sa propre vie » (une sorte d’uberisation du travail, donc) …….
    Ainsi, de promesses non tenues en trahison des engagements, sans aucune perspective d’espoir ni, rêvons un peu, ne serait ce qu’un soupçon d’utopie, on peut trouver une des explications de ce qui nous préoccupe et qu’a une nouvelle fois révélé le dernier scrutin.
    Ce qui néanmoins n’excuse pas, pour moi, les dérives électorales que nous connaissons.

  • L’article suggère implicitement que la montée du FN s’exprime de façon aussi spectaculaire à cause à l’ampleur de l’abstention; c’est bien évidemment faux; il n’y a juste aucun rapport. La preuve ? L’abstention était encore plus forte en 2010 et le score du FN était néanmoins très bas.
    L’abstention en France est particulièrement faible lorsque les électeurs jugent que l’élection est importante, (présidentielles, législatives). Mais les régions n’ont qu’un pouvoir très limité, complexe, imbriqué avec celui d’autres institutions, elles ont subi un charcutage dont personne n’a démontré qu’il allait améliorer les problèmes de la France, et donc l’intérêt suscité est faible. Sans parler, pour notre région IDF, du Grand Paris Métropole, des nouveaux territoires, questions qui ont à peine été évoquées dans cette campagne. La complexité ne fait que s’accroitre et devient décourageante.

    • Bonsoir Monsieur Clement,
      Je vous remercie de votre commentaire.
      Comme je constate que ma rédaction a suscité une interprétation de votre part, je me permets une précision.
      En aucun cas mon propos consistait à expliquer le score du FN de dimanche par le taux d’abstention.
      Le sens de mon article est de regretter que le monde politique puisse tirer des conclusions sur ce que pensent les français à partir de trop peu de votants.
      Je n’ai pris le cas de l’élection de dimanche et du score du FN qu’a titre d’exemple.
      En fait le thème que je veux mettre en exergue tient dans la phrase « Comment peut on tirer une indication solide sur ce que pensent vraiment l’ensemble des français quand 50% des inscrits ne s’expriment pas ».
      Car je reste à penser que les abstentionnistes ont quand même quelque chose à exprimer et ne pas connaître leur avis ne permet pas de comprendre l’électorat dans son ensemble.
      Et ma conclusion exprime le sentiment qu’a faire des analyses sur une partie trop faible de l’électorat on risque fortement de se tromper et qu’a force de se tromper on risque des situations difficiles.
      Enfin en ce qui concerne l’abstention aux élections, si je suis en accord avec vous pour les élections présidentielles où les taux d’abstention sont toujours faibles, je note qu’elle reste forte pour toutes les autres : européennes 2014 : 56,5% , 2009 : 59,37%, législatives :2012 44,6% , municipales 2014 :40%, régionales 2015 50%, et 2010 : 53,6% qui ne sont pas que des élections mineures.
      Ces chiffres me confortent dans mon analyse que l’obligation de voter permettrait une meilleure gouvernance.
      Bien cordialement
      Daniel Marteau

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