22 mars 2019 | 08:58
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Fontenay doit s’engager pour le Pacte Climat

Voici un message d’actualité de l’équipe du Pacte France Climat à laquelle je participe.
La manifestation pour le climat du samedi 16 mars est une nouvelle étape de mobilisation essentielle. Je vous invite à y participer et à vous engager pour le Pacte Climat.
Toute l’opposition municipale a déposé un voeu commun pour le Pacte lors du Conseil municipal de lundi 18 mars.
Pascal BUCHET
Maire honoraire de Fontenay aux Roses
Les chiffres viennent de tomber et ils sont pires que prévu. En février 2019, la concentration en CO2 dans l’atmosphère a atteint 411,8 ppm : + 3,4 ppm en un an. C’est du jamais vu. Dans les années 60, la concentration en CO2 progressait de 0,8 ppm par an. Elle augmente aujourd’hui 4 fois plus vite.
On comprend l’inquiétude et la colère de tous les étudiants qui font grève chaque semaine dans un nombre croissant de pays. Ces chiffres devraient pousser nos dirigeants à l’audace. Or, pour le moment, il n’en est rien.
Une fois rappelé la gravité de la situation, on peut se réjouir des quelques progrès du projet de Pacte Finance-Climat, en Belgique comme en France.
En Belgique, suite à la très belle manifestation du 27 janvier, un grand nombre de partis politiques se sont mis en mouvement. Comme les « 1.000 milliards pour le climat » était une des trois revendications de la Marche du 27 janvier, une résolution cosignée par un grand nombre de partis a été déposée au Parlement pour demander que le Premier Ministre, Charles Michel, reprenne ce projet à son compte et le mette sur la table des négociations européennes.
Suite à cette marche, le Président du Conseil européen, Donald Tusk, a d’ailleurs décidé de mettre le climat à l’ordre du jour du Conseil européen des 21-22 mars.
En France, grâce à la réussite de notre conférence du 19 février à Jussieu (pour revivre l’événement, c’est par ici), le Pacte Finance-Climat a nettement amélioré sa visibilité. Nous avons rendu public le projet de Traité rédigé avec des juristes de haut niveau.
Le Monde a consacré un article important à « ce Pacte qui rassemble d’Alain Juppé à Podemos ». Le lendemain, c’est Ouest-France (le premier quotidien de France par les ventes) qui consacrait son éditorial au Pacte Finance-Climat en demandant très clairement à Mme Merkel et M Macron de le reprendre à leur compte.
Le 19 février, lors de ce débat organisé avec l’AMRF (tous les maires ruraux de France) et l’IPSL (l’ensemble des climatologues du pays), nous avons réussi une très belle « démonstration de force ». Trois amphithéâtres pleins. Et des soutiens très variés : aussi bien Laurent Fabius ou Alain Juppé que des chefs d’entreprises, des étudiants, Denis MacShane venu depuis Londres et Sandro Gozi arrivé de Rome, de nombreux élus de toutes sensibilités, des mouvements citoyens comme Alternatiba ou France Nature Environnement. Ce fut vraiment une soirée enthousiasmante.
Encore BRAVO et MERCI à toutes celles et ceux qui ont contribué à organiser cet évènement.
Quelques jours avant cet évènement, Pierre Larrouturou était l’invité de Karim Rissouli sur France 5 (à la 39ème mn). La vidéo que Brut a extraite de cette émission a été vue plus de 4.000.000 fois (Facebook, Twiter et Instagram confondus).
La question du climat inquiète un nombre croissant de citoyens et nos solutions passent bien.
Suite au 19 février, le gouvernement a commencé à parler de notre projet. Le Président de la République l’a cité jeudi dernier à Gréoux-les-Bains et a évoqué l’idée d’une « Banque européenne du climat » dans sa Lettre ouverte à tous les Européens.
Certains nous ont dit que nous étions naïfs de nous réjouir de cette prise de position. Valait-il mieux que le Président continue à ignorer le projet ou qu’il le ridiculise ? Non. Evidemment.
Mais nous ne sommes pas naïfs : ce n’est qu’une petite victoire. Emmanuel Macron n’a repris qu’une partie du projet, celle qui est la plus consensuelle. Certains, au sein d’En Marche, sont totalement hostiles à l’idée d’un budget climat européen qui passerait par une contribution des actionnaires.
Cela fait des mois que plusieurs ministres demandent au Président de reprendre notre projet. Cela fait plusieurs mois aussi que des responsables du Quai d’Orsay demandent que soit créé un groupe de travail pour avancer vraiment sur notre projet avec les dirigeants allemands et tous ceux qui le voudront. Et pour le moment, aucun groupe de travail n’a été mis en place et le mot climat n’apparaît pas dans le compte-rendu de la dernière rencontre bilatérale entre Angela Merkel et Emmanuel Macron.
Nous ne sommes pas naïfs. Depuis un an, grâce à notre action à tous (les groupes locaux, les militants isolés, les étudiants, les bénévoles, les juristes et les porte-parole nationaux…) nous avons obtenu quelques avancées mais l’essentiel reste à faire.
La marche du 16 mars
Il faut tout faire pour que la marche du 16 mars soit un succès retentissant. On a vu en Belgique comment les marches citoyennes ont eu un effet crucial sur la sphère politique. De même, en France, il faut que nous soyons les plus nombreux possible à la marche de samedi.
Les équipes du Pacte Finance-Climat seront présentes dans un grand nombre de villes. À Paris : rendez-vous à 12h devant le Palais de Chaillot à l’angle de l’avenue du Président Wilson.
Les élections européennes
Au-delà des marches, il y a probablement une fenêtre historique qui s’ouvre au Parlement européen pour faire avancer notre projet. Celui-ci va connaître bientôt une situation inédite.
Un certain nombre d’amis de Mme Merkel et de M. Junker souhaitent rompre avec M.Orban et la droite dure, xénophobe, homophobe qu’il incarne. Le groupe Parti Populaire Européen va probablement se casser en deux. Les Sociaux-Démocrates, qui cogéraient le Parlement européen avec le PPE depuis 1979, vont eux aussi sortir affaiblis des prochaines élections. On va donc vers une situation inédite.
Le Parlement européen qui sera issu des élections de mai 2019, sera en situation de bloquer l’élection de celui ou celle qui va remplacer Jean-Claude Junker. Pour éviter un blocage trop long ou une pagaille durant 5 ans, des négociations vont s’ouvrir après l’élection.
Des parlementaires de différentes sensibilités nous disent que celui ou celle qui voudra remplacer Junker devra prendre quelques engagements très forts devant le Parlement. Négocier un Pacte Finance-Climat pourrait être un de ces engagements si un nombre suffisant de députés européens soutiennent fortement notre projet.
Si nous arrivons à ce que le Pacte Finance-Climat soit au cœur du débat dans les prochaines semaines et que nos soutiens soient en situation charnière, cela peut tout changer.
L’équipe du Pacte

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