19 octobre 2019 | 04:37
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Les primaires dans une démocratie.

La nouvelle mode des primaires pour les élections pose un problème .
Un an avant les élections présidentielles on demande désormais aux sympathisants d’un parti ( notion large dont le périmètre exact – les adhérents ? les sympathisants ? tout le monde ? autre ?… – dépend du parti concerné), de désigner LE champion qui portera les valeurs du parti aux prochaines élections.
On détourne là l’esprit du suffrage universel .
En effet par cette méthode, on réduit la diversité des sensibilités d’une ligne politique, et donc un nombre restreint de personnes empêche l’ensemble des électeurs d’exprimer leur vraie préférence .
Prenons le cas des futures primaires de la droite ( on peut donner la même explication en parlant des primaires socialistes avant les présidentielles de 2012).
Sur la base des sondages actuels ( sondages qui pourront évoluer bien sûr mais qui ne changent en rien le raisonnement), les adhérents du principal parti de droite désignent très largement Nicolas Sarkozy comme le candidat qui doit se présenter aux élections présidentielles de 2017.
Mais les sympathisants, ceux qui expriment sur ce sujet une opinion, désignent très largement Alain Juppé .
Mais si les primaires sont réservées aux seuls adhérents, les électeurs, sympathisants de droite au sens large, des présidentielles n’auront donc pas la possibilité de voter pour À Juppé qui aurait été leur candidat préféré parmi tous ceux de droite.

Et si le candidat du plus grand parti de droite est au second tour ( ce qui est tout de même fort probable), il ne sera pas celui que la majorité des français de sensibilité de droite aurait choisi et peut être pas celui qu’ils auraient souhaité voir élu président de la république.
N’est ce pas là un détournement de l’esprit du suffrage universel auquel on assiste, désormais systématiquement de la part de deux des partis les plus importants de France?

Jean Guy Croland

2 RÉPONSES

  • On peut voir aussi des avantages à ces primaires, si tous ceux qui le souhaitent pouvent exprimer leur choix, et pas seulement les adhérents encartés.
    C’est d’ailleurs une des conditions que met M. Juppé à sa participation à ces primaires.
    Si cela se réalisait, les citoyens pourraient enfin influer sur la désignation des candidats, alors que jusqu’à présent, il fallait voter pour les candidats désignés de façon très opaque par les « états majors » des partis, …..ou alors s’abstenir.

  • Commentaire à l’article de Jean Guy Croland
    Si sur le principe on peut facilement vous suivre , d’un point de vue tactique politique, c’est plus difficile .
    On comprend bien que les primaires étouffent la diversité des candidats d’un même bord et de ce fait privent les électeurs d’un choix plus fin entre différents candidats d’une même famille politique .
    Mais dans le contexte actuel français, si les 2 grands partis se divisent chacun en plusieurs tendances au 1 er tour, le risque est avéré qu’un parti  extrême , qui resterait  lui unifié, se retrouve au 2 eme tour.
    Mais il est certain que le cas de figure que vous présentez est tout à fait possible et pour beaucoup de personnes, certainement regrettable.
    Mais le risque doit il être pris? 
    Daniel Marteau

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