18 novembre 2018 | 04:29
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Nous voulons des coquelicots…

A l’initiative de Fabrice Nicolino, Francois Veillerette et soutenue par une centaine de personnalités, l’association « Nous Voulons Des Coquelicots » lance un appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides. 

Elle propose de se retrouver tous les premiers vendredi de chaque mois devant la mairie de notre ville et cela pendant 2 ans, pour rappeler notre volonté d’exiger de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse… Il va falloir être tenace !

C’est donc Vendredi 2 novembre à 18h30 que se rassembleront à nouveau, dans toute la France, les hommes et femmes convaincus de la nécessité de cet appel. 

Une facon conviviale de se retrouver et d’échanger autour d’un projet porteur d’espoir : celui de revendiquer haut et fort le respect du vivant.

Rendez-vous donc Vendredi 2 novembre, sur la place devant la mairie… N’hésitez pas à entrainer avec vous vos proches et moins proches, à solliciter tous vos réseaux et faire que nous soyons nombreux !!!

Nicole Allafort et Catherine Hadj-Ammar

allafort.nicole@orange.fr  /  hadjammarc@yahoo.fr

Lien vers le site pour votre information et la signature de l’appel

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/

4 RÉPONSES

  • Excellente initiative.
    Peut-être l’occasion de (re)voir des Verts à Fontenay ?

  • Jean-François Dumas

    Lorsque j’étais chargé de l’écologie et des espaces verts dans la municipalité précédente, j’avais réussi à faire de Fontenay une ville Zéro-Phyto. Aussi je ne pense pas que l’on puisse me suspecter de complaisance en la matière. L’initiative de Nicolino me laisse pourtant dubitatif.

    Tout d’abord comme il est dit dans cet article, il va falloir « être tenace » et cela risque fort de ne pas être le cas, surtout pendant deux ans avec l’objectif de 5 millions de signatures. Le mot d’ordre est hasardeux et l’objectif démesuré. Le risque d’un bide est réel et il serait désastreux.

    Ensuite cette opération a été décrétée sans concertation avec le seul syndicat agricole qui vise la suppression des pesticides(la Confédération paysanne) qui a décidé de ne pas la soutenir pour des raisons de forme et de fond. Elle se prive d’un soutien non négligeable et elle risque d’apparaître comme étant dirigée contre le monde agricole. Dans ce combat, je pense qu’il est au contraire vital de trouver des appuis chez les agriculteurs, si l’on veut qu’il réussisse. A minima ne pas se mettre à dos ceux qui seraient des alliés possibles.

    Enfin l’espèce emblématique et le mot d’ordre retenu « Rendez-nous nos coquelicots » est plutôt mal choisi. En effet les coquelicots sont parmi les rares espèces messicoles (herbes qui poussent dans les moissons) qui se portent très bien et ont vaillamment résisté à tous les efforts d’éradication. On pourrait croire que ceux qui ont pondu ce slogan « rendez-nous nos coquelicots » ne se sont jamais promené dans la campagne. Certes beaucoup d’individus de ces espèces poussent plutôt en bordure qu’en plein champ et ont varié leurs habitats mais tout de même… Le bleuet des champs, assez mal en point dans beaucoup de région aurait pu faire un meilleur symbole.

    J’ajouterai que si le zéro phyto ne pose pas de problème en ville qu’il s’agisse de l’entretien des rues ou des espaces verts, il n’en va pas de même pour l’agriculture. On ne peut se contenter de demander l’interdiction de tout pesticide, il faut aussi exiger l’interdiction de l’importation de produits issus de pratiques agricoles en utilisant qui sont de ce fait moins coûteux à produire (moins de main d’œuvre et meilleurs rendements) , sinon après l’industrie ce sera l’agriculture qui sera délocalisée. L’interdiction des pesticides ne pourra être effective sans une remise en cause des traités de libre-échange. On ne peut réclamer l’une sans exiger l’autre. Et là est le grand défaut de cette campagne qui fait l’impasse sur le contexte.

    Bref voilà une opération qui certes a le mérite d’exister mais qui est mal conçue, à la fois trop ambitieuse (5 millions de signatures sur 2ans avec une manif TOUT les premiers vendredi de CHAQUE mois!!!) et pas assez : elle oublie les contraintes du libre échange sur une agriculture qui pour simplement pouvoir exister doit permettre à ses paysans d’en vivre.

  • Monsieur Dumas, en vous lisant j’ai envie de rappeler la devise de Guillaume d’Orange: il n’est pas nécessaire d’esperer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.
    Ce n’est pas parce que ça va être difficile d’être tenace qu’il ne faut pas essayer. Ni non plus parce que « le mot d’ordre est hasardeux ou l’objectif démesuré », comme vous les qualifiez méchamment, qu’il faut abandonner avant de commencer.
    A force de s’interdire des ambitions, peut être démesurées, n’en est-on pas réduit qu’a donner des leçons?
    Ne participez pas vendredi à cette manif, mais n’en dégoûtez pas les autres .

  • Jean-François Dumas

    Belle devise, Monsieur Renault. Mais en la circonstance, la question n’est pas là. Elle est celle de savoir comment s’y prendre POUR RÉUSSIR si l’on veut, non pas se faire plaisir ou se donner bonne conscience, mais obtenir une nourriture saine, un sol vivant, une biodiversité et une agriculture préservée. Je ne suis pas toujours d’accord avec la Conf. mais sur la question des pesticides en AGRICULTURE, je trouve sa position fondée. Il n’y aura pas d’arrêt effectif de l’utilisation des pesticides de synthèse sans un encadrement sévère des échanges internationaux en la matière (c’est le point le plus important), sans une PAAC en faveur de cet objectif de suppression des pesticides de synthèse assortie d’aides à la transition pour les agriculteurs. Dans cette opération « Rendez-nous nos coquelicots » contre les pesticides, cette dimension fait cruellement défaut. A cause de cela elle apparaîtra comme étant dirigée contre « ces empoisonneurs d’agriculteurs » ce qui n’est pas un gage de succès. Il ne s’agit pas de dégoûter, de ne pas participer, bien au contraire ! Il s’agit d’inviter à rectifier le tir, en vain sans doute. Mais pour le coup, j’applique la devise de Guillaume d’Orange.

    Je profite de cette réponse pour ajouter quelques points peu consensuels et m’attarder sur le sort des messicoles.

    Cette opération s’adresse d’abord et surtout à des citadins. Les citadins qui, ici comme ailleurs, veulent des coquelicots, veulent en fait une campagne conforme à l’image qu’ils s’en font car telle est la signification profonde de ce mot d’ordre (qui n’est pas pertinent du point de vue de la biodiversité comme je l’ai rappelé dans ma première réponse) ; une campagne mythique et nostalgique, celle des peintres impressionnistes, qui subsiste dans leur imaginaire mais qui n’existe plus depuis près de 50 ans, surtout dans les monocultures de plaine sur des sols profonds et fertiles(Beauce, Plateau de Saclay, Grand Limagne ,…), un peu moins dans les systèmes de polycultures sur sols plus pauvres de moyenne montagne (Lubéron, par exemple). Même si tous les céréaliers de la Beauce se convertissaient au bio, les messicoles et plus généralement les adventices ne seraient pas sauvées pour autant car l’usage des pesticides de synthèse n’est qu’un facteur parmi d’autres de leur déclin et l’agriculteur bio non labellisé cherchera comme son homologue chimique à éliminer les adventices de ses cultures. S’il veut des rendements suffisants pour que son exploitation soit viable, il n’a pas le choix. Simplement, il le fera par d’autres moyens. L’agriculteur bio labellisé lui, est le seul qui a le droit de présenter ses productions comme telles. Il est plus tolérant envers les messicoles, la baisse de rendement de ses champs étant compensée par la plus-value de sa production labellisée. Mais le bio labellisé n’est pas à la portée de toutes les bourses.

    Cela étant dit pour remettre les choses au point, je pense aussi comme beaucoup qu’il faut sauver ces espèces avant qu’il ne soit trop tard car même si certaines d’entre elles sont d’authentiques nuisances dans un champ cultivé (les coquelicots notamment ! Pensons aussi à l’ivraie à séparer du bon grain), elles participent à la biodiversité du monde végétal et animal, ont des propriétés médicinales, mellifères etc., et quelques-unes comme les adonis, les bleuets, les matricaires, les pieds d’alouette (ou les coquelicots …) sont très belles. La pratique des « bandes florales » est une possibilité. Il y a d’autres techniques pour concilier sauvegarde des messicoles et viabilité économique des exploitations à défaut de rendement des cultures. Il y a même un plan national de sauvegarde des messicoles un peu techno mais assez bien conçu. Pourtant il risque fort d’échouer car l’essentiel est de passer d’une agriculture industrielle sommée de nourrir de plus en plus de gens à des prix de plus en plus bas à une agriculture paysanne s’assignant des limites, notion clé de l’écologisme. Ce n’est pas l’affaire des seuls agriculteurs mais de la société toute entière avec toutes les conséquences, notamment financières mais pas seulement, que cela implique car il ne suffit pas de réclamer des coquelicots qui d’ailleurs n’appartiennent à personne. Pour en avoir, il faudra y mettre le prix.

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