17 février 2020 | 11:27
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TINA … SI !

L’article « Etat d’urgence– guerre – non merci » m’a rappelé le célèbre slogan politique couramment attribué à Margaret Tatcher « TINA «  « There Is No Alternative » On prétend ou sous-entend qu’il n’y avait pas d’alternative à la guerre et à l’Etat d’urgence.

La 1ère alternative était l’urgence de réfléchir sur la prolongation de cet Etat, de réfléchir avant de se précipiter vers des lois proposées depuis longtemps par le FN, surtout comme le rappelle Françoise Zinger, en cette période où ce parti devient à chaque élection plus puissant.

Croissance à tout prix, vitesse, globalisation, productivisme et privatisation sont les paradigmes de notre modèle occidental qui se répand sur toute la planète, il n’y a soi-disant pas d’alternative. Notre société ne prend plus le temps de réfléchir sur le long terme, on décide et on agit vite, que ce soit au sein de la direction des entreprises ou au sein de l’Etat.

Les élites dirigeantes, toutes formées dans les mêmes écoles et fréquentant les mêmes cercles, ne sont plus capables d’imaginer des visions alternatives et de donner un vrai sens à nos sociétés. Aucune originalité, aucune folie, comme le rappelle Pascal Duplan dans son commentaire, pour faire avancer le monde et ne pas rester,  je cite, dans un « passé passéiste et poussiéreux » qui condamne notre civilisation, à plus ou moins long terme, à l ‘effondrement du lien, à l’effondrement social et écologique avec toutes les violences intrinsèques. Je pense même que cet effondrement a en partie déjà commencé.

Le cumul des mandats, y compris dans le temps, réduit les pensées des élus à la démagogie et à la séduction au détriment de réflexions profondes et de remises en question salutaires. Marcel Gauchet emploie les termes « d’élites dirigeantes  » et de  » clients « .

L’omnipotence de la démocratie représentative,  poussée à son paroxysme avec l’élection présidentielle, n’offre plus généralement qu’un choix binaire et filtre tous les projets, parfois fous, mais créatifs et innovants (et toujours minoritaires au début) qui conduiraient  à d’autres modèles.

Et comme le dit Dominique Rousseau (hebdomadaire Politis du 15/05/2015) «  Le principe de la démocratie représentative conçoit le peuple comme ignorant ce qui est mieux pour lui. Il faut, au contraire, parvenir à poser comme préalable que le peuple, avec son vocabulaire propre et ses préoccupations, est porteur de normes et de manières de vivre »

Une des 1ères alternatives serait de donner cette possibilité au peuple grâce au moyen d’une démocratie participative puissante et efficace. Les citoyens doivent participer réellement à la gestion et aux décisions de la cité comme les salariés doivent décider et participer à la gestion des entreprises.

Vivre-ensemble , socialisation, revenu universel, sobriété heureuse (versus croissance malheureuse et obsolescence programmée), bien-vivre, savoir-faire (versus industrialisme et technicisme), contemplation (versus agitation et consommation permanente), respect et dignité universelle, décider-ensemble, vraie laïcité (versus laïcisme ou islamophobie), low-tech et résilience (versus Big Data) etc.

N’écoutez pas la sirène TINA, réfléchissez, pensez par vous-même, il y a des alternatives, c’est l’utopie -étymologiquement un lieu, un monde qui n’existe pas – encore mais que nous pouvons, nous citoyens, inventer.

Agnès Gillot

2 RÉPONSES

  • Patrice Delabre

    Oh que cela fait du bien de savoir qu’on est pas tout seul !
    Dans les élites dirigeantes, toutes formées aux mêmes école, au même moule, n’oublions pas les journalistes qui, à longueur de pages et/ou d’antenne nous gavent de vents en faisant de la politique une information de second rang après la rubrique des chiens écrasés. jusqu’à la « meilleure intervieweuse de France » qui empêche le premier ministre de dérouler son programme pour commenter les phrases assassines de fin de campagne… pour une fois que Valls parlait de programme !
    Les journalistes qui sont sous le joug du spectacle continu des chaines info sont des suivistes qui ne prennent pas le temps de la distance. Or ce sont eux qui forment les esprits, qui les moulent , ils sont les nouveaux hussard de la République.

    • Gérard Dumesnil, Directeur de recherche du CNRS, Politis du 17 décembre 2015, extrait de « Aux sources d’une triple impuissance » :
      « Qu’y a-t-il de commun au réchauffement climatique, à la stagnation dans les vieux pays du centre et à la croissance des inégalités ? Quelles sont les forces qui s’opposent à la résolution de la crise écologique ? […]
      Réponse : Ces classes sociales de propriétaires capitalistes et leurs alliés, les cadres du haut de la hiérarchie qui paralysent l’action concertée des êtres humains visant à reprendre leur destin commun dans un même projet de survie et d’émancipation. Ce n’est peut-être pas évident, puisque les grands médias semblent l’ignorer »

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