10 décembre 2022 | 11:30
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L’écologie, moins on en fait plus on en parle ?

Je viens de lire le dernier Fontenay-aux-Roses Le Mag, et je me dis que je devrais être fier…

Fier de quoi, pourquoi ?

Fier d’habiter dans une commune qui fait autant pour l’environnement et la transition écologique ! Si Le Mag y consacre près d’un quart de ses pages, c’est que c’est du sérieux, non ?

Sauf qu’à y regarder de près, on est bien plus dans la communication que dans l’action… Ainsi :

  • On nous dit qu’il faut économiser l’électricité, mais des bâtiments publics, comme le théâtre ou le conservatoire, restent éclairés toute la nuit ; idem pour les écrans publicitaires, même quand il n’y plus de pub pour les financer ;
  • On rénove (école Scarron, accueil de loisirs Pierre Bonnard) et on construit (gymnase du Parc) avec le souci d’économiser l’énergie. C’est bien ! Mais la ville aurait-elle obtenu les autorisations de faire autrement ? Et on ne nous parle pas de la salle provisoire, qui va durer, du Panorama : une passoire thermique !
  • On nous annonce que 65% des résidences sociales ont été rénovées thermiquement. Mais ce sont les bailleurs sociaux, pas la mairie, qui ont financé, ce qui ne les empêche pas d’augmenter parfois de plus de 100% les charges de chauffage ;
  • On nous présente d’ambitieux projets… J’en ai compté UN : un puits de géothermie au Panorama, pour chauffer des immeubles qui n’existent pas sur ce site (envisagerait-on d’en construire, ou de vendre la chaleur aux immeubles voisins à Clamart, ou de la transporter sur de longues distances, avec tous les travaux et les pertes que cela entraine ?) J’aurais mieux compris si on avait organisé cela dans le cadre de la reconstruction des Blagis, en mettant la géothermie au cœur du quartier ;
  • On nous parle de mobilités douces, tout en refusant de créer des pistes cyclables permettant de se déplacer à vélo en sécurité ;
  • On nous dit « vouloir accroître les espaces verts » et « remettre la nature en ville », mais la quasi-totalité des permis de construire accordés se traduisent par moins d’espaces verts et plus d’artificialisation des sols ;
  • Etc.

J’ai également beaucoup aimé le sous-titre « 50% de pleine terre en zones pavillonnaires ». Avant le PLU de MM Faye et Vastel, avec un COS de 0.4, c’était au moins 60% de pleine terre en zones pavillonnaires ! L’environnement y a perdu…

En commençant la rédaction de cet article, j’avais en tête une citation : « la culture, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on l’étale. ».

Hélas, à Fontenay-aux-Roses, on peut la décliner en « l’écologie, c’est comme la démocratie participative : moins on en fait, plus on en parle ! »

Michel Giraud

3 RÉPONSES

  • Gilles Mergy

    Merci pour votre remarquable article.
    Quelques éléments de réflexion complémentaires.
    Pour réussir la transition écologique et mettre en oeuvre la sobriété énergétique au niveau d’une commune, il faut agir sur deux leviers :
    – changements comportementaux (écogestes);
    – réorientation des investissements pour rendre la ville plus résiliente.
    Sur le premier point, le fait de maintenir allumés des bâtiments publics ou des panneaux publicitaires électroniques est en totale contradiction avec ce qu’il convient de faire. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir alerté la majorité municipale sur ces questions… Nous n’avons non plus aucun élément sur l’application des températures de chauffage (19°) ou le recours au télétravail pour les agents municipaux qui ne sont pas en lien avec le public. Ce sont pourtant des leviers majeurs pour réduire la consommation énergétique de la ville.

    Sur le deuxième point, il faut travailler sur plusieurs dimensions :
    – les bâtiments publics actuels via un plan de rénovation thermique global et pas une politique de saupoudrage comme celle conduite par L. Vastel depuis 2014 en changeant ici ou là une fenêtre.
    – les bâtiments publics neufs pour en faire des éco-bâtiments, ce qui implique une réflexion globale dès leur phase de conception. La passoire thermique qui sert de gymnase au Panorama en est le contre exemple absolu.
    – l’aménagement de l’espace public pour favoriser la marche à pied et le vélo. L. Vastel donne la priorité absolue à la voiture et refuse de faire des pistes cyclables en site propre.
    – la végétalisation de l’espace public pour réduire les ilots de chaleur. L. Vastel préfère couper les arbres de haute tige et minéraliser le sol.
    Les communes ont plusieurs leviers pour contribuer à la réussite d’une politique de transition écologique. Encore faut il les utiliser et pas seulement se contenter d’en parler dans le magazine municipal.

  • Jean-Max Drouot

    Dans ce mème Fontenay Mag, au chapitre des projets “ambitieux”, on nous promet aussi que, dès 2025, nos vélos pourront rouler à l’hydrogène. Peut-on faire plus ambitieux? Ne serait-il pas plus sage de développer les pistes cyclables à Fontenay?
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  • Stein van Oosteren

    La première source d’émission de CO2 est le secteur du transport, dont la voiture individuelle représente plus de la moitié. Pourtant les Fontenaisiens qui souhaitent se déplacer à vélo ne peuvent le faire en sécurité car M. Vastel refuse en effet la création de pistes cyclables. Il veut tout faire pour le vélo, à condition qu’on ne change rien pour la voiture sur la route (vélo-école, panneaux, stationnement vélo, mais pas de pistes). C’est impossible : si on veut que les Fontenaisiens puissent se déplacer à vélo à côté de bus de 11 tonnes sur les routes départementales (!), il faut absolument des pistes cyclables. Dans une lettre au président du Conseil Départemental M. Vastel justifie son refus : selon lui le vélo tue le commerce, il n’y a pas la place, et le vélo aggrave une coupure urbaine comme l’avenue Dolivet. (https://twitter.com/LCyclable/status/1545541128555995137). C’est faux : les villes moins motorisées ont vu leur commerce de proximité fleurir, la RD63 présent bel et bien une largeur suffisante (il faudra prendre sur le stationnement) et le vélo allège au contraire la coupure urbaine car il remplace certains déplacements en voiture.

    Pour motiver M. Vastel à créer de la sécurité il est indispensable que chacun demande des pistes cyclables. Vous pouvez le faire directement auprès de notre territoire VSGP via le site web, en cochant « aménagement voirie » et « piste cyclable à créer » : https://www.valleesud.fr/fr/vallee-sud-espace-public-votre-portail-de-services-en-ligne. Il est aussi utile d’écrire au département (cg92@hauts-de-seine.fr) pour demander des pistes sur le réseau départemental, pour éviter que FAR ne devienne une zone blanche pour le vélo.

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