29 mars 2020 | 09:26
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Remboursement ou solidarité ?

Lorsque la machinerie économique se grippe puis s’arrête, il est légitime de se demander si l’on va se faire rembourser des réservations de place de train, d’avion, de concert, de théâtre, de représentation sportive, d’entrée au musée, de chambre d’hôtel, d’un lieu de vacances, de coupon mensuel Navigo, etc, etc…, pour lesquelles nous avons versé des arrhes, voir réglé l’intégralité de ce qui nous était demandé pour finalement ne pas pouvoir en bénéficier.

Car aujourd’hui  tout se réserve et se paye d’avance pour être certain de voir, de contempler, de déguster, sans risquer d’être refoulé après une longue attente toujours incertaine.

Les règlements de nos réservations servent très souvent à payer immédiatement des factures qui viennent solder les commandes de réservations antérieures…

Et ainsi s’est institué ce « mode de consommation » qui s’est brutalement arrêté par l’injonction qui nous est faite de rester chez soi afin de ralentir puis d’anéantir la pandémie du Covid 19.

Le Théâtre des Sources, comme tous les autres lieux culturels, a été obligé de fermer ses portes et de mettre son personnel au chômage technique pendant tout le temps que durera cette crise exceptionnelle.

Sa directrice propose de rembourser les places payées pour les spectacles annulés et ajoute que les billets non remboursés permettront d’apporter un « soutien à la structure » du Théâtre.

Dans la situation catastrophique que traverse le monde du spectacle, nous sommes plusieurs à penser qu’il est primordial d’aider avant tout les artistes qui vivent à tout moment dans une situation précaire de par leur statut d’intermittents et leurs compagnies qui sont aujourd’hui extrêmement fragilisées.

C’est la raison pour laquelle nous souhaitons que les remboursements auxquels il serait renoncés soient versés dans une caisse de solidarité pour venir en aide aux artistes qui sont les acteurs des spectacles que nous aimons et que nous défendons.

La difficulté financière et d’organisation indéniable que subit par ailleurs le Théâtre des Sources et du Cinéma le Scarron devrait être soutenue directement par la Municipalité et non pas par les spectateurs.

Quitte à elle à se tourner vers l’état au travers de la région pour obtenir des compensations financières (même si, in fine, ce sera toujours nos impôts qui permettront de combler les trésoreries mises à mal…).

Il est donc important que ces soutiens financiers soient rendus publiques dans une totale transparence.

Ce serait un changement radical du mode de fonctionnement opaque de notre lieu culturel pendant cette mandature au cours de laquelle une alliance étonnante et majoritairement incomprise par les Fontenaisiens avec le Théâtre de Chatillon a vu le jour pendant une fermeture de 10 mois uniquement justifiée par des travaux de remplacement du monte charge, d’identification des entrées et de mise en lumière de la façade…

Bernard Welter

 

2 RÉPONSES

  • Pour info, l’avis d’un artiste dont le nom dira sans doute quelque chose à certains fontenaisiens :
    « Nicolas Bonneau
    14 mars, 09:33 ·
    { faut-il régler les cessions des spectacles annulés? } Pour beaucoup de compagnies artistiques, le mois de mars est souvent chargé, et ces annulations de tournées, ateliers, résidences ne seront pas sans conséquences… certaines compagnies plus fragiles seront d’autant plus pénalisées, et les artistes et techniciens avec elles.

    Peut-être y aura t’il des reports, mais c’est au cas par cas. Peut-être y aura t’il des indemnisations mais c’est incertain.

    Alors, puisqu’on parle de solidarité, pourquoi les lieux de diffusion qui ont acheté les spectacles ne pourraient-ils pas régler ou régler en partie les cessions et les coûts engagés?
    Cela fait partie de leur budget, ils peuvent demander au public qui a réservé de jouer aussi sur la solidarité en ne se faisant pas rembourser, ou bien déduire la part des recettes. Cela permettrait aux compagnies de continuer à fonctionner, payer artistes et techniciens, continuer d’envisager d’aller payer son créneau à Avignon ( ce qui arrange bien tout le monde), ne pas se mettre en danger pour la saison suivante. les CDN de Colmar et Rouen se sont déjà engagés sur cette voie et c’est un beau geste de cohérence.

    Qu’en pensez-vous, collègues artistes et programmateurs? »

  • L’appel d’un artiste sur le sujet :
    « Samuel Churin
    20 mars, 16:23
    Nouvel appel à relayer partout.
    Vos partages sont essentiels.
    Nous devons faire bloc et peser le plus possible.

    APPEL À HONORER TOUS LES CONTRATS

    Il y a Urgence.
    Nous sommes en guerre il parait, nous devons donc collectivement et politiquement soutenir une mesure claire, simple, systématique et commune.
    Nous ne pouvons pas ajouter de précarité à la déjà très grande précarité des intermittents de l’emploi. C’est pourquoi voici l’appel suivant, à relayer le plus possible :

    Nous appelons toutes les structures, entreprises, associations, toutes les compagnies de théâtre, danse, cirque, arts de la rue, structures musicales, orchestre, etc, etc à honorer tous les contrats, payer les salaires avec les AEM qui vont avec. Ainsi les salariés intermittents pourront déclarer leurs dates comme si les contrats avaient pu être effectués. Nous exigeons des structures qui ont programmé tous ces évènements qu’elles honorent tous les contrats et droits de session. Nous exigeons que l’état, comme il le fait pour les entreprises et les indépendants, abonde un fond de soutien spécifique afin que les dites structures (théâtres, médiathèques, associations) puissent honorer ces contrats sans mettre en péril leur équilibre financier notamment en cas de perte de billetterie. Nous exigeons que la totalité des collectivités territoriales honorent les financements prévus. Rendons l’annulation sans contrats honorés hors la loi. Nous ne voulons pas de compensations, mais des salaires et tous les droits qui vont avec.

    Nous lutterons collectivement pour que chaque compagnie, y compris la plus fragile, puisse assurer les contrats et être intégralement payée par les structures avec laquelle elle était liée.

    Pour information, cet appel n’est ni utopique, ni délirant. Il doit être appliqué partout et en toutes circonstances. Voilà quelques arguments :
    – Le ministre de la culture Franck Riester a déjà lancé le mot d’ordre à tous les lieux sous tutelles : honorer les contrats.

    Si votre compagnie était programmée dans un CDN ou Scène nationale par exemple, exigez le paiement de ces dates, c’est la préconisation du ministère.

    – Un très grand nombre de directeurs (trices) de ces structures n’ont pas attendu pour s’engager à le faire. La liste est déjà longue de celles et ceux qui ont dit : on honore et on paye tous les contrats prévus. Celles et ceux qui ne voudraient pas seront en minorité et n’ont aucune raison de ne pas le faire. Des communiqués internes du syndeac , du synavi ainsi que des scènes nationales vont dans ce sens.

    – Dans la plupart des cas, l’argent est déjà provisionné. Très clairement, l’argent est sur un compte prêt à être versé aux compagnies. Les théâtres devront compenser leur manque de recettes. Mais ce n’est pas le poste le plus important dans un théâtre subventionné. Il en est de même pour des prestations liées à des associations ou aux collectivités locales.

    – C’est une fusée à 2 étages. L’urgence est de déclarer et d’assurer les contrats prévus tout de suite, maintenant. Le report pourra se négocier après. Mais le report sera éventuellement provisionné sur un prochain budget. Il n’y a aucune raison que l’argent déjà provisionné pour mars, avril, mai, juin 2020 ne soit pas fléché vers les spectacles ou évènements prévus. Il est là pour cela, il ne s’agit pas de dépenses supplémentaires.

    – Nous n’exigerons pas des petites structures de verser les salaires tout de suite. Nous attendrons qu’elles soient payées. L’importance majeure est que tout soit déclaré pour la fin des mois à venir.

    J’ai bien sûr conscience de ne parler que du spectacle vivant. Des pistes sont étudiées pour les tournages. Il semble que le chômage partiel soit possible. Ainsi appel est fait aux producteurs de déclarer systématiquement tous les contrats et se retourner vers l’Etat pour compensation.

    Pour ce qui concerne les intermittents de l’emploi, et en particulier de la restauration, appel est fait aux employeurs occasionnels de déclarer les contrats et de mettre au chômage partiel. Cela est possible techniquement.

    E. Macron a déclaré qu’il n’allait oublier personne, alors prenons le au mot : Ne laissons aucun salarié intermittent de l’emploi sans contrat honoré avec tous les droits qui vont avec.

    Cette revendication doit être majeure et mise en avant partout. Faisons bloc. Ne demandons pas l’autorisation de le faire.

    Nous mettrons au pied du mur les tutelles et l’état afin que toutes les sommes soient couvertes. Ne nous laissons pas balader dans nos coins. Nous ne survivrons à la catastrophe annoncée que si notre position est claire, ferme, et définitive.

    Samuel Churin »

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