18 novembre 2019 | 05:40
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Lettre au Député : PMA n°6 – et l’enfant

Ci-joint le sixième billet adressé à notre Député.

Monsieur notre Député,

On ne choisit pas ses parents, comme on ne décide pas de naître ! Mais pour autant les parents ne sont pas les propriétaires de leurs enfants. Ils sont juste les mieux placés pour les aider à se développer et à se forger leur propre jugement. A les éduquer tout simplement. La PMA pour toutes, qui consiste a sciemment mettre au monde un orphelin, pose toute la question du rôle du Père. Sans s’embarquer dans des raisonnements psychologiques compliqués, chacun de nous est capable d’avoir un point de vue. Ceux qui ont eu la chance d’avoir eu un Père considèrent-ils que celui-ci ne leur a servi à rien dans la construction de leur personnalité ? Ceux qui sont Pères aujourd’hui considèrent-ils qu’ils sont inutiles ?

On connait tous des mauvais Pères bien sûr, comme des mauvaises mères du reste, et personne n’est parfait. Nous connaissons tous des personnes qui ont perdu leur Père, pour diverses raisons, et qui néanmoins ont été capables de vivre. On connait aussi des personnes qui portent un handicap, handicap congénital pour certains, ou handicap suite à une maladie ou un accident, et qui sont capables de surmonter cette situation, avec l’aide de leurs proches et de la société.

Mais de quel droit peut-on froidement et en toute conscience,imposer à un être humain qui n’a rien demandé, un handicap congénital : celui de naître sans Père ? Certes, avec l’aide de son entourage et de la société, cet handicapé de naissance fera comme les autres handicapés. Mais en est-on si sûr ? Les lobbies font état d’études dites scientifiques qui déclarent que ces enfants sont comme les autres, alors que l’on a un tout petit recul sur ce phénomène. Et que certains psychologues pensent qu’il faut deux générations pour que l’on soit capable de juger des conséquences de cette situation.

Et de quel droit impose-t-on à la collectivité d’assumer les coûts inévitablement associés à ce handicap ?

Et le principe de précaution : Principe selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées  visant à prévenir un risque dans les domaines de l’environnement, de la santé ou de l’alimentation. (*)

Monsieur le Député, serez-vous parmi ceux qui attaqueront en justice la loi ?

Respectueusement.

Michel Bayet.

Membre du Modem

 

(*) L’avenir du père – Jean-Pierre Winter –page 189

3 RÉPONSES

  • Vous avez parfaitement le droit d’avoir vos opinions sur la PMA, M. Bayet, comme j’ai le droit de ne pas les partager. Mais là, vous allez trop loin !
    On ne peut pas écrire qu’un enfant qui naît sans père « social » (puisqu’il a forcément un père « géniteur »), avec une ou deux mères, est un handicapé congénital.
    Je vous rappelle la définition du handicap dans la loi n°2005-102 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, article 114 :
    « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » Je ne vois pas en quoi le fait de ne pas avoir de père « social » fait entrer dans le cadre de cette définition…
    Je pourrais être d’accord avec vous pour reconnaître que ne pas avoir de père « social » peut poser des problèmes particuliers pour l’enfant, mais probablement pas plus que de vivre entre deux parents qui ne s’aiment plus. Faut-il pour autant interdire le divorce ?

  • Jean Guy Croland

    Dites moi Monsieur Bayet, au risque de vous avoir mal lu j’ai cru saisir de vos questions au député que vous ne sembliez pas complètement favorable à la PMA.
    Mais vous n’en auriez pas mis une couche de trop avec votre «handicapé congénital »?

  • Monsieur Bayet, je respecte bien sûr votre avis sur la PMA , qui n’est pas le mien, mais je suis très étonné de votre affirmation que les enfants qui n’ont pas de père social seraient des handicapés de naissance.
    S’ils étaient handicapés de naissance , on devrait retrouver à un moment de leur vie une traduction, même légère, de ce handicap.
    Or quand on lit et écoute avec attention Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône et rapporteur du projet de loi bioéthique, il affirme le contraire.
    Je me permets de citer le rapporteur: « Tous les enfants qui sont nés dans ces conditions nous disent à quel point ils sont épanouis, à quel point ils sont heureux. Ils ne souffrent d’aucun manque. »
    Le rapporteur du projet de loi propose de transmettre à l’Académie de médecine qui vient de faire sur ce sujet une intervention très critiquée, la totalité des auditions faites à ce sujet ainsi que les études internationales qui, je le cite encore :« ont toutes montré, toutes, absolument toutes, que les enfants nés de PMA, qu’ils soient dans un couple hétérosexuel, homosexuel ou chez une femme seule, tous ces enfants s’épanouissent d’une façon parfaitement égale. »
    Je ne doute pas que vous ayez aussi beaucoup interrogé d’enfants issus de la PMA, mais alors l’un des deux se trompe.
    Le député que vous interrogez pourra peut être nous dire qui .
    Cordialement

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