16 mai 2021 | 19:38
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L’info de la semaine : les violences d’une politique municipale

L’info de cette semaine aurait pu être consacrée aux sanctions du maire à l’encontre de l’association FARàVélo, où à la tentative illégale d’abattage de quatre peupliers dans un espace boisé classé. Plusieurs personnes ont déjà réagi sur ces évènements sur notre blog, les autres blogs fontenaisiens et les réseaux sociaux.

Prenant un peu de recul sur l’actualité, je voudrais vous dire toute la violence que je lis dans ces événements.

Pour comprendre la cohérence de tout cela, il faut mettre bout à bout plusieurs faits récents :

  • Lors du Conseil municipal du 26 novembre 2020, la majorité municipale a décidé le transfert au territoire Vallée Sud – Grand Paris de deux nouvelles compétences : la voirie et l’éclairage public. Rien ne l’y obligeait, et dans la mesure où seules deux autres villes, Clamart et Chatenay-Malabry, ont eu la même démarche, on ne voit pas bien ce qu’il y a à gagner dans ce transfert.

    Dans un post sur son blog, suite au Conseil du Territoire du 18 mars 2021, Gilles Mergy écrit : « En revanche, notre maire, également vice-Président du Territoire (et conseiller départemental, et conseiller métropolitain…), a pris la parole pour laisser entendre que les seuls débats démocratiques se tiennent dans les conseils municipaux et que ce conseil de territoire devrait se limiter à confirmer les décisions déjà prises dans d’autres enceintes. » On voit bien la manœuvre : on ne discute plus de voirie ou d’éclairage public en Conseil municipal puisque c’est devenu une compétence du territoire, mais on n’en discute pas non plus en Conseil du territoire, puisque celui-ci n’est qu’une chambre d’enregistrement (hélas, conformément au pacte de gouvernance du territoire). Le résultat est que le maire peut décider ce qu’il veut sur ces sujets, il n’y a plus de place pour le débat ! Quelle violence contre les droits de l’opposition !

  • Le 16 mars, Laurent Vastel a notifié à l’association FARàVélo l’arrêt de son partenariat avec la ville (voir ici). Quelles que soient les raisons invoquées, sur le fond, la sanction est extrêmement violente. Ce pourrait presque être une condamnation à mort pour l’association. Heureusement, la solidarité empêchera sa réalisation !

    Sur la forme, elle ne l’est pas moins : alors que doit se tenir début avril un conseil municipal où le budget sera voté, donc où seront décidées les subventions aux associations, le maire ne se donne même pas la peine d’un semblant de débat démocratique ; il décide et notifie, sans discussion préalable. Quelle violence contre la démocratie !

  • Le 25 mars, riverains, associations et élus se sont mobilisés pour empêcher l’abattage d’arbres au square des Potiers. Ils ont obtenu gain de cause en raison d’un défaut dans la rédaction de l’arrêté municipal autorisant les travaux. Victoire à la Pyrrhus, car le maire va aussitôt corriger son erreur ; les arbres ne sont sauvés que pour une grosse semaine !

    Pourtant, cette autorisation d’abattage d’arbres fait l’objet d’un recours en justice. Le maire n’en a cure ; le recours n’étant pas suspensif, il fait exécuter sa décision : les arbres seront abattus, et le resteront même si le recours est gagné ! Au pire, l’argent de nos impôts financera les dédommagements à verser aux plaignants… Quelle violence à l’encontre des habitants !

Je crois que nous sommes là face à une mise en œuvre totalement dépassée de la démocratie représentative, qui ne peut plus être « Je suis élu, cela me procure des droits et je les exerce comme bon me semble. Rendez-vous à la prochaine élection. »

Aujourd’hui, être élu comporte également des devoirs : écouter, dialoguer, convaincre (sur la proposition initiale ou sur un compromis). Force est de constater qu’à Fontenay-aux-Roses nous en sommes très très loin…

Michel Giraud

4 RÉPONSES

  • Sophie Cauden

    En total accord avec votre constat Monsieur GIRAUd, mais “so what ?”
    Collectivement, comment pouvons-nous réagir ?
    bien cordialement.

  • Michel Giraud

    Plusieurs éléments de réponse, Mme Cauden :
    – tout d’abord, ne pas laisser faire sans réagir et faire savoir ; c’est ce que j’essaie de faire sur ce blog, où tous les points de vue sont acceptés. Nous pouvons également nous mobiliser en soutien (Cf. l’appel sur les réseaux sociaux à soutenir ou adhérer à FARàVélo, dont l’une des plus belles actions, de mon point de vue, est d’apprendre à faire du vélo à des adultes plus ou moins jeunes qui n’en ont pas eu l’opportunité quand ils étaient enfants…)
    – ensuite, nous avons une équipe d’élus d’opposition qui sait se mobiliser et intervenir pour que les règles soient respectées, pour que les situations particulières soient prises en compte, et pour faire des propositions pour infléchir la politique municipale. N’hésitons pas à les solliciter ;
    – enfin, nous pouvons appeler L. Vastel à plus de modestie à l’occasion des élections départementales. Ayant des mandats dans la commune, dans le territoire, dans le département, et même dans le Grand Paris, il pense pouvoir faire comme bon lui semble avec ses majorités. Rappelons-lui que ce sont encore les électeurs qui décident. Une belle défaite aux départementales ne pourra que lui faire du bien.

  • Gilles Mergy

    Merci Michel Giraud pour ce remarquable article. Il résume parfaitement les pratiques de la majorité municipale : entraver la liberté d’expression et les droits des associations, museler les droits de l’opposition, poursuivre son programme d’hyperdensification coûte que coûte y compris en supprimant partiellement un des rares espaces verts publics de notre vile (square des Potiers).
    D’aucuns pourraient dire toutefois que c’est la même chose dans d’autres villes. Oui, il y a malheureusement des élus de toutes sensibilités qui se comportent pareil ailleurs. La différence réside toutefois dans le fait que ces élus « font le job » pour leurs habitants. Ils améliorent le patrimoine, agissent contre la crise économique et sociale… À Fontenay, 24 des 27 élus de la majorité ont une délégation précise mais on ne connaît toujours pas leurs feuilles de route ni leurs priorités. Lors du dernier conseil municipal, le maire n’avait inscrit que trois délibérations y compris le Débat d’orientations budgétaires dont le caractère « décalé » a été souligné sur ce blog notamment par M. Bayet ou Mme Balin. Seuls les élus de l’opposition, au travers de leurs vœux, motions ou questions orales, introduisent une dynamique démocratique dans le déroulement des conseils municipaux.
    Cette attitude de la majorité ne s’explique ni par un manque d’expérience (6 ans que L. Vastel est élu), ni je pense par un manque de compétences mais par un manque d’intérêt pour la gestion de la ville de la part de notre maire (également conseiller départemental, vice président du territoire et conseiller métropolitain) qui rêve surtout de devenir sénateur. Il doit pourtant, puisqu’il a été élu maire, demander à ses élus de mettre en œuvre ses 65 promesses électorales. Dans le cas contraire, il aura trompé les Fontenaisiens.
    Gilles Mergy

  • Bernard Welter

    « Collectivement, comment pouvons-nous réagir ? » se et nous demande ouvertement Sophie Cauden.

    Pour ceux qui n’habitaient pas à Fontenay aux roses en 1994 et à ceux qui auraient oublié l’évolution de notre gouvernance municipale, je me permets de rappeler qu’à la suite de plusieurs projets élaborés avec beaucoup de légèreté d’appréciation et sans aucune concertation avec les habitants, de nombreux fontenaisiens se sont regroupés au sein de plusieurs associations et ont fait savoir en grand nombre au Maire RPR de l’époque Alain Moizan qu’ils n’étaient pas d’accord avec l’évolution qu’il proposait pour leur ville.

    Le combat a duré 3 années pour aboutir à la démission d’une partie de la majorité municipale puis par des élections municipales anticipées.

    Ce petit rappel historique pour dire que la seule façon de faire savoir à Laurent Vastel et à son équipe que les orientations qu’ils prennent à la petite semaine choquent et interpellent, c’est de se regrouper et de lutter.

    Certes, les mesures sanitaires qui nous sont actuellement imposées ne favorisent pas ce genre d’action. Mais les multiples échanges rendus possible grâce aux réseaux sociaux (qui n’existaient pas en 1994) le permettent aujourd’hui.

    Et n’oublions pas non plus que cette équipe municipale actuellement aux commandes de notre ville a été réélue avec 20% des inscrits sur les listes électorales.

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