17 février 2020 | 11:24
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PLU : Il y a urgence, avant de voir « fleurir » surtout du béton!.

J’ai longtemps pensé que l’argument de l’opposition actuelle  » la droite veut bétonner Fontenay » était outrancier et non crédible.

Mais à la lecture du projet de PLU force est de constater que ce n’est pas complètement faux.
Quelques exemples:
L’abandon du COS (Coefficient d’Occupation au Sol) lors du passage du POS (Plan d’Occupation au Sol) au PLU ( Plan Local d’Urbanisme) début d’année prochaine n’est pas opposable, c’est une décision qui échappe aux municipalités. Dont acte.
La conséquence directe c’est de pouvoir multiplier par 3 ou 4 (selon les zones) la superficie construite sur un même terrain. Par exemple, quand un pavillon de 100 m2 de plein pied se vendra, l’acquéreur pourra monter 2 étages et atteindre 300 m2 qu’elle que soit la surface de son terrain.! (Je ne reviens pas sur l’explication on la trouve sur ce blog, et sur un article très complet dans Les nouvelles de Fontenay).
1 er Bilan, Fontenay va complètement changer de physionomie, les pavillons vont au fil du temps se transformer en parallélépipèdes de 3 niveaux.
Les promoteurs l’ont d’aiileurs bien compris et sont déjà passés aux actes: on ne compte plus les voisins et amis qui recevoivent ces jours ci une demande de rachat à des prix intéressants de leur maison en anticipation du futur PLU, si bien sûr le projet actuel ne change pas.
Mais on peut éviter cela en introduisant dans le futur PLU des limites. C’est tout à fait possible et sans aucune difficulté.
Sur l’exemple ici (zone pavillonaire), on peut  limiter dans le PLU les constructions à R+1 (RdC + 1 étage) et ne pas autoriser R+2 comme le prévoit le projet.

De la même façon, le projet actuel du PLU fait passer de 50% d’obligation d’espaces verts dont 80 % de pleine terre à 40% d’espaces verts en pleine terre auquel s’ajoute une nouvelle notion inventée par l’équipe municipale: les espaces verts complémentaires. Selon les cas on devra ajouter 10 ou 20 % d’espaces complémentaires aux 40 % de pleine terre. En gros on peut rajouter des bacs à fleurs (je schématise).
Comme cela est expliqué dans un article précédent de ce blog sous la signature de Mr Fredouille, tout change: comme il n’y a plus de coefficient d’occupation au sol, on peut construire sur un  bien plus grand % de la surface du terrain. Donc il restera moins de « vrais » espaces verts.
Là encore la physionomie de la ville va changer radicalement: une très grande partie des espaces verts de Fontenay était due aux pavillons. Sans modification du projet actuel du PLU, la surface des vrais espaces verts (pleine terre) baissera fortement. Et ce n’est pas l’invention des espaces verts complémentaires qui changera quoi que ce soit.
Contrairement à ce que l’on entend, non, ce n’est pas la loi Allur qui est responsable de tout cela.
Il ne s’agit que d’une volonté des maires d’en limiter, en toute légalité, les conséquences.
Et pour Fontenay, ces dispositions ne sont absolument pas nécessaires au projet du maire d’augmenter la population de 15 % ( en cela il suit les exigences dictées par le SDRIF): il a lui même montré à plusieurs reprises que ses projets de construction aux Blagis, Mouilleboeufs, Cavée , etc… suffisaient largement pour accueillir cette augmentation de population en 15 ans.
Alors pourquoi décider un PLU qui verra « fleurir » surtout du béton?
Peut on compter sur le maire adjoint en charge de l’urbanisme donc « pilote » de l’écriture du PLU, ancien fervent partisan de la défense de la qualité de vie à Fontenay, ancien grand défenseur des espaces verts, ancien grand pourfendeur du béton à outrance, pour aménager l’actuel projet de PLU et protéger la ville sans pour autant la rendre immobile?
On l’ espère vraiment.
Pascal Renault

4 RÉPONSES

  • Jean-Jacques Fredouille

    Pour limiter cette densification annoncée et voulue par la municipalité, plutôt que de limiter la hauteur (ce qu’il faudra aussi faire), il est possible comme je le préconise d’augmenter le % minimum d’espaces verts en pleine terre ou encore d’introduire un coefficient d’emprise au sol maximum quitte à monter d’un étage. Je pense qu’il vaut mieux monter un peu en hauteur plutôt que d’étaler les constructions au sol (pb d’imperméabilisation et de biodiversité).

  • BRESSE Jean François

    Un autre problème se pose avec la loi ALUR : il n’y a plus de surface de terrain minimum pour construire. Pour un terrain de 200 m2, avec le POS et avec le COS de 0.4, on pouvait construire 200*04 = 80 m2 de SHON. Avec le PLU, si on peut construire R+2, avec une emprise au sol de 40%, on aura une SHON de 200*04*3= 240 m2, d’où une densification importante. Il faudra sans doute jouer sur les 2 paramètres, emprise au sol et hauteur, en fonction de la surface du terrain pour ne pouvoir construire qu’un pavillon.

  • Cet article, ces commentaires montrent bien que le projet actuel de PLU est hyper densificateur.
    Est ce cela que nous voulons pour Fontenay?
    Il est clair et démontré qu’il n’y a absolument pas besoin de ce niveau de densification pour atteindre les objectifs que s’est fixé la municipalité de faire venir à Fontenay 3500/4000 habitants de plus d’ici 2030 (Indépendamment de ce que l’on peut penser de ces objectifs).
    C’est aussi bien plus densificateur que ce que la loi demande.
    Donc pourquoi ce projet de PLU si densificteur qui défigurera la ville?
    Il serait souhaitable que les promoteurs ( sans jeu de mot!) et défenseurs de ce projet expliquent pourquoi ils souhaitent aller si loin dans la densification.
    Sans explication, toutes les interprétations sont permises.

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